Au moins 5 700 personnes ont été tuées ou blessées en Haïti entre le 1er janvier et le 11 septembre 2026, dans des violences liées aux gangs ou lors d’opérations de répression, selon un nouveau rapport présenté vendredi 2 octobre par le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk.

Le bilan dressé par les Nations unies témoigne de la persistance de la crise sécuritaire en Haïti, alors que le pays se prépare à des échéances électorales dans un climat marqué par les violences armées, les déplacements de population et les violations des droits humains.
Le rapport fait également état d’une importante recrudescence des violences sexuelles. Plus de 1 000 femmes et filles ont été victimes de viols commis par des groupes armés au cours de la période considérée.
Les violences sexuelles constituent l’une des principales formes de violence utilisées par les groupes armés contre les populations civiles, particulièrement dans les zones où ils exercent leur contrôle.
Par ailleurs, plus de 230 personnes ont été enlevées au cours de cette période. L’ONU relève une recrudescence des enlèvements à l’approche des échéances électorales, faisant craindre une aggravation de l’insécurité à mesure que le processus politique avance.
Le rapport des Nations unies met également en lumière l’implication croissante des enfants dans les groupes armés.
Selon les données présentées, entre 30 % et 50 % des membres des gangs seraient des mineurs. Le recrutement d’enfants a par ailleurs presque triplé en 2025, souligne le rapport, illustrant l’ampleur de l’emprise des groupes armés sur une partie de la jeunesse haïtienne.
Cette situation expose les enfants à de multiples violations, notamment aux violences physiques et sexuelles, à l’exploitation et à l’utilisation dans des activités criminelles ou armées.
Le rapport ne limite pas son analyse aux violences commises par les gangs. Il fait également état de quelque 280 personnes tuées ou blessées par des brigades d’autodéfense, ainsi que d’exécutions sommaires attribuées aux forces de l’ordre.
Face à la persistance des violences, le Haut-Commissaire Volker Türk a appelé à accélérer le déploiement des forces internationales destinées à appuyer les efforts de sécurisation du pays.
Il a également insisté sur la nécessité d’appliquer strictement l’embargo sur les armes, afin de réduire les flux illicites qui alimentent les groupes armés et contribuent à la persistance des violences.
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