401,2 milliards de gourdes. Trois mots d’ordre : sécuriser, voter, relancer. Le Gouvernement a adopté le budget 2026-2027 en Conseil des ministres le mercredi 30 septembre 2026.
L’exercice s’annonce comme un budget de combat. Des groupes armés pèsent encore sur les grands axes routiers, les institutions démocratiques attendent d’être rétablies et la reprise économique reste fragile. Chaque gourde compte.
La sécurité d’abord : 73 milliards pour la PNH et les FAd’H
Près d’une gourde sur cinq ira aux forces de l’ordre. Les ministères de la Justice et de la Défense reçoivent 73 milliards de gourdes, soit 18 % du budget.
L’argent doit financer quatre chantiers :
- Le programme P-4000 : recruter et former en accéléré 4 000 nouveaux policiers.
- L’équipement de la PNH : honorer les tranches des contrats d’achat de matériel déjà signés.
- La montée en puissance des FAd’H : l’objectif est de 15 000 soldats en trois ans.
- Un nouveau centre carcéral : pour renforcer la chaîne pénale et lutter contre l’impunité.
L’enveloppe couvre aussi le quotidien des forces : salaires, alimentation, carburant, maintenance, logistique et communications. Le pari du Gouvernement est simple : sans sécurité, pas de reprise économique.
Élections : un budget en hausse de 46 %
Le processus électoral reçoit 8,6 milliards de gourdes, contre 5,9 milliards dans le budget rectificatif 2025-2026. C’est 2,7 milliards de plus, soit une hausse de 46 %.
Cette enveloppe couvre les dépenses exceptionnelles du scrutin et le soutien aux partis politiques. Elle finance la logistique, la sécurisation des opérations et la communication institutionnelle.
Le Gouvernement anticipe aussi l’après-scrutin. Des crédits additionnels sont prévus pour la Présidence, la Chambre des députés et le Sénat, qui accueilleront un personnel politique renouvelé.
Qui paie ? Deux tiers d’effort national, un tiers d’aide et de dette
Les ressources domestiques financent 65,5 % du budget. Le reste vient des dons extérieurs et de l’endettement.
L’aide extérieure est massivement fléchée vers des projets : 87 milliards d’aide projets, contre seulement 2,7 milliards d’appui budgétaire global.
Côté dette, l’État compte surtout sur les bons du Trésor, à hauteur de 35,2 milliards. La BRH prête 4,2 milliards et aucun emprunt bancaire n’est prévu.
Où va l’argent ? Les salaires d’abord
Les salaires absorbent 121,6 milliards de gourdes : 30 % du budget et plus de la moitié des dépenses courantes.
L’investissement pèse lourd sur le papier : 147 milliards pour les programmes et projets. Mais 91,8 milliards de cette somme dépendent des dons et emprunts extérieurs ; le Trésor public n’en apporte que 50,8.
La dette, elle, coûte 23,1 milliards cette année entre intérêts et remboursements, soit 5,8 % du budget.
Le verdict se jouera sur le terrain
Ce budget mise tout sur un enchaînement : la sécurité d’abord, puis les élections, puis la relance. Le Gouvernement promet rigueur, transparence et responsabilité dans un contexte de ressources limitées.
Sa réussite se mesurera à trois résultats concrets : des routes rouvertes, des élections tenues et des recettes au rendez-vous. Sur ces trois fronts, l’exercice 2026-2027 sera un test décisif.
La rédaction
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