La date du 30 septembre 1991 reste gravée dans l’histoire politique récente d’Haïti. Il y a exactement 35 ans, un coup d’État militaire renversait le président Jean-Bertrand Aristide, huit mois seulement après son entrée en fonction.

Premier président démocratiquement élu après plusieurs décennies de dictature et de gouvernements militaires, Aristide incarnait alors, pour une large partie de la population, l’espoir d’une véritable rupture avec l’ordre politique établi.
Élu en décembre 1990 avec environ 67 % des suffrages, Jean-Bertrand Aristide avait prêté serment le 7 février 1991. Son accession à la présidence intervenait après près de trois décennies de régime des Duvalier, suivies de plusieurs années d’instabilité politique et de gouvernements provisoires.
Ancien prêtre devenu chef d’État, Aristide symbolisait aux yeux de ses partisans l’aspiration des classes populaires à davantage de justice sociale, de participation politique et de démocratie.
Mais le 30 septembre 1991, des militaires dirigés par le général Raoul Cédras renversent le président. Aristide est contraint à l’exil, tandis que le pays entre dans une nouvelle période de répression et d’instabilité.
Le coup d’État est suivi d’une vaste campagne de répression contre les partisans d’Aristide et les organisations proches du mouvement Lavalas.
Des organisations de défense des droits humains estiment qu’environ 5000 personnes ont été tuées au cours des trois années qui ont suivi le renversement du président. D’autres victimes sont battues, violées, menacées ou contraintes de vivre dans la clandestinité.
Le Front pour l’avancement et le progrès d’Haïti (FRAPH), organisation paramilitaire associée au camp anti-Aristide, devient l’un des principaux instruments de cette répression.
La crise politique provoque également une importante vague de départs. Des milliers de citoyens prennent la mer dans l’espoir de rejoindre les États-Unis ou d’échapper aux violences politiques qui frappent le pays.
Après trois années d’exil, Jean-Bertrand Aristide retrouve la présidence en octobre 1994 à la faveur d’une intervention militaire multinationale dirigée par les États-Unis et soutenue par les Nations unies.
Trente-cinq ans après le coup d’État, le souvenir du 30 septembre 1991 demeure fortement présent dans la mémoire politique haïtienne. Pour de nombreux militants de l’époque, cette date représente une rupture brutale avec le processus démocratique engagé après la chute des Duvalier.
Dans une prise de position rendue publique à l’occasion du 35e anniversaire du coup d’État, l’organisation TKL Saint-Jean Bosco estime que la mission et les objectifs du parti Fanmi Lavalas ont profondément évolué au fil des années.
35 ans après le coup d’Etat de 1991, le rêve de démocratie des haïtiens restent utopique. Le pays est aujourd’hui sous l’emprise des gangs et aucune élection n’a été organisée au cours des 10 dernières années.
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