À l’approche des prochaines élections annoncées pour le 13 decembre, plus d’un s’interroge sur les conditions de leur réalisation, evoquant le climat d’insecurite auquel le pays est confronté.

La Plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (POHDH) a organisé ce vendredi une conférence-débat autour du thème : « Insécurité et combat électoral : enjeux et défis des prochaines élections ».
L’ancienne ministre de la Culture et membre de l’Accord de Montana, Magalie Comeau Denis, ainsi que le professeur Chenet Jean-Baptiste, etaient les principaux intervenants.
Le responsable de programme de la POHDH, Missondor Petit-Homme, a précisé que cette conférence s’inscrit dans le cadre des activités régulières de la plateforme, organisées chaque dernier vendredi du mois.
Le choix du thème tient sa pertinance, dit-il, dans la crise securitaire qui secoue Haiti a l’approche du scrutin.
Missondor Petit-Homme explique que la POHDH entend, à travers ces conférences, créer un espace de réflexion sur les grandes questions qui concernent l’avenir du pays.
La question électorale occupe aujourd’hui une place centrale dans le débat national. Mais pour la POHDH, elle ne peut être dissociée des conditions sécuritaires dans lesquelles le processus doit se dérouler.
L’ancienne ministre de la Culture et membre de l’Accord de Montana, Magalie Comeau Denis, s’est montrée particulièrement critique à l’égard du processus électoral envisagé dans le contexte actuel.
Selon elle, organiser des élections dans les conditions actuelles pourrait avoir des conséquences graves sur l’avenir politique du pays.
Elle estime notamment qu’un scrutin organisé dans un environnement marqué par l’insécurité pourrait permettre aux structures qu’elle qualifie de « mafieuses » et qui contrôlent actuellement une partie du pays d’obtenir la légitimité et la légalité qui leur font défaut aujourd’hui.
Pour l’ancienne ministre, la question n’est donc pas uniquement de savoir s’il faut organiser des élections, mais également dans quelles conditions elles doivent être organisées et au bénéfice de qui.
Le professeur Chenet Jean-Baptiste estime, pour sa part, qu’Haïti ne se trouve pas simplement confrontée à un problème d’insécurité. « C’est une guerre livrée contre les masses », estime-t-il.
Pour lui, le phénomène des gangs représente aujourd’hui une nouvelle dimension d’une violence qui frappe principalement les populations les plus vulnérables.
Il considère que la situation actuelle doit être analysée comme un affrontement dont les principales victimes sont les masses populaires, confrontées quotidiennement aux déplacements forcés, aux violences et à l’incertitude.
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