Le bilan du massacre perpétré dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août à Kenscoff continue de s’alourdir. Un nouveau bilan provisoire avancé par Adrien Alté, CASEC de la 1re section communale de Nouvelle-Tourène, fait état d’au moins 47 morts, auxquels s’ajoutent plusieurs blessés et des personnes toujours portées disparues.

Au-delà du nombre de morts, c’est la capacité de l’État à prévenir une attaque annoncée qui soulève aujourd’hui les interrogations les plus graves.
Adrien Alté dénonce ce qu’il considère comme un abandon de Kenscoff par les autorités policières. Selon lui, la commune a été « livrée » aux groupes armés, alors que la population se retrouve sans protection suffisante.
Ces accusations sont également relayées par Jean Wilner Joseph, ancien candidat au poste de député de Kenscoff. Il affirme que les assaillants sont arrivés notamment par Rivière-Froide, à motocyclette, alors que les autorités policières ont été informées de la menace.
Plus d’un se demande comment une attaque annoncée a-t-elle pu se transformer en massacre sans qu’un dispositif préventif efficace ne soit déployé ?
Une délégation composée du commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince, Jean Fritz Patterson Dorval, du directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison, ainsi que du directeur départemental de l’Ouest 1 de la PNH, le commissaire divisionnaire Yvon Cantave, a visité le commissariat et rencontré les responsables locaux.
Plusieurs citoyens s’étaient rassemblés devant le commissariat ont demandé le départ de l’agent intérimaire de l’exécutif a la Mairie de Kenscoff Massillon Jean et du responsable du commissariat, l’inspecteur Nikenson Cadet.
Le directeur général a.i. de la PNH a tenté de rassurer la population. Il a appelé les habitants à continuer de faire confiance à la police, affirmant que l’institution ne « baisse jamais les bras ».
Il a également insisté sur la présence de policiers et de véhicules blindés dans la commune et assuré que la PNH renforce ses effectifs chaque fois que la situation l’exige.
Dans un communiqué publié après l’attaque, le gouvernement haïtien affirme avoir placé toutes les forces de sécurité en état d’alerte maximale et annonce le déploiement de renforts.
Sous l’autorité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, l’exécutif promet de rétablir « sans faiblesse et sans délai » l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire de Kenscoff.
Le gouvernement affirme également que les groupes armés n’obtiendront « ni trêve, ni refuge, ni impunité » et que les forces de sécurité ont reçu pour mission de poursuivre et neutraliser les criminels.
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