Le ministère de la Défense a officiellement lancé, ce vendredi 21 aout 2026, à l’hôtel Karibe, le forum national de trois jours consacré à l’avenir des Forces armées d’Haïti (FAd’H). Cette initiative réunit plusieurs personnalités politiques, militaires, universitaires et diplomatiques autour de la question de la transformation et du rôle de l’armée dans la construction de l’État haïtien.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence notamment de l’ancien président Prosper Avril, de plusieurs membres du Conseil présidentiel de transition (CPT), dont Laurent Saint-Cyr, Smith Augustin et Emmanuel Vertilaire, ainsi que d’anciens Premiers ministres, de membres du gouvernement, du Conseil électoral provisoire (CEP), du corps diplomatique dont le nonce apostolique et du rectorat de l’Université d’État d’Haïti (UEH).

Le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a annoncé qu’à partir de la fin de l’année, plusieurs milliers de nouvelles recrues devraient venir renforcer les rangs des Forces armées d’Haïti.
Le chef du gouvernement a également plaidé en faveur d’un débat ouvert sur la possibilité de rétablir le service militaire obligatoire, qu’il considère comme un instrument pouvant contribuer à la formation civique et à l’apprentissage de la discipline chez les jeunes, dans l’intérêt de la nation.
Alix Didier Fils-Aimé a toutefois insisté sur le fait que l’État haïtien ne cherche pas à reconstruire l’armée telle qu’elle existait dans le passé. Il s’agit, selon lui, de bâtir une institution moderne tournée vers l’avenir, capable de protéger la population, de sécuriser le territoire et de servir la nation.
« Reconstruire l’armée, c’est restaurer l’autorité de l’État et donner au pays les moyens de croire en son avenir », a déclaré le premier ministre.
Dans un contexte marqué par une grave crise sécuritaire, le gouvernement entend renforcer à la fois les Forces armées et la Police nationale d’Haïti, a soulignee le premier ministre qui a salué l’engagement de la jeunesse et estimé que l’armée devait redevenir une « école de discipline et de rigueur ».
Pour Alix Didier Fils-Aimé, il ne peut y avoir de développement durable ni d’État fort sans sécurité. Il a assuré que son gouvernement examinerait avec sérieux les recommandations issues du forum afin de contribuer au rétablissement de l’autorité de l’État, à la consolidation de la stabilité nationale et à la création des conditions nécessaires au bon fonctionnement des institutions démocratiques.
« La première liberté d’un peuple, c’est de vivre en sécurité. Sans sécurité, les droits s’affaiblissent, les institutions vacillent et la confiance collective se fragmente. Restaurer cette sécurité est plus qu’une nécessité opérationnelle : c’est une exigence politique et morale », a-t-il déclaré.
Le ministre de la défense, Mario Andrésol, a pour sa part rappelé que l’armée est apolitique ». Il a appelé le haut commandement des Forces armées à prendre les dispositions nécessaires pour distinguer les militaires respectueux de leurs obligations de ceux qui se livrent à des comportements contraires à la discipline.
Selon le ministre, cette démarche doit se poursuivre et les cas d’indiscipline doivent être traités avec rigueur. Il a notamment appelé les militaires qui utiliseraient l’uniforme des FAd’H à des fins de dérive à le restituer.
« Sans discipline, la force devient le chaos », a-t-il averti, rappelant aux militaires que les armes mises à leur disposition ont pour seule vocation de protéger la nation.
Le ministre a ainsi placé la discipline, le respect de la hiérarchie et la responsabilité au cœur du processus de reconstruction et de modernisation des Forces armées.
Le lancement du forum a également été marqué par la signature d’un protocole d’accord-cadre entre le ministère de la défense, les Forces armées d’Haïti et la Faculté de droit et des sciences économiques (FDSE) de Port-au-Prince.
Cet accord vise notamment à contribuer à la modernisation des FAd’H et au renforcement de la formation académique et professionnelle de leurs membres.
Pendant trois jours, les participants au forum doivent ainsi débattre de l’avenir de l’armée, de son rôle dans la sécurité nationale, de sa modernisation, de la formation de ses membres et de son rapport avec les institutions civiles et démocratiques.
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