Plus de 400 jeunes ont franchi, ce mercredi, une étape importante de leur parcours en recevant leur diplôme de la 50e promotion du Centre de formation professionnelle d’Haïti (CFPH), Canado-Technique. Après deux années d’études en électromécanique, mécanique de maintenance industrielle, télécommunications ou techniques de réseaux informatiques, ils sont désormais appelés à affronter une réalité autrement plus exigeante : celle du marché du travail.

La cérémonie de graduation, organisée en présence des familles, de représentants de l’État et du secteur privé, a été l’occasion de célébrer une réussite académique.
Mais les différents discours prononcés ont surtout mis en lumière une question fondamentale, l’importance d’un diplôme professionnel dans un pays où l’accès au premier emploi reste un défi majeur pour les jeunes.
L’un des messages les plus forts venaient du directeur général du Canado Technique, le frère Gary Pierre, et du directeur général de l’Institut national de la formation professionnelle (INFP), Franck Lauture.
S’adressant aux nouveaux diplômés, M. Lauture leur a rappelé que la maîtrise d’un métier et l’obtention d’un diplôme ne suffisent pas, à elles seules, à garantir une réussite professionnelle.
Une mise en garde qui mérite d’être prise au sérieux. En effet, dans une économie confrontée à de nombreuses difficultés, la formation professionnelle ne peut produire ses effets que si elle s’accompagne de véritables débouchés.
Former des techniciens compétents est indispensable, mais encore faut-il que les entreprises disposent de la capacité et de la volonté de les recruter.

C’est précisément sur ce point que l’appel lancé par frère Gary Pierre prend toute son importance. Il a invité les responsables d’entreprises présents à ouvrir leurs portes aux jeunes diplômés et à leur offrir une première expérience professionnelle.
Trop souvent en Haïti, les entreprises réclament des travailleurs compétents et expérimentés, tandis que les jeunes ont besoin d’une première chance pour acquérir cette expérience. Sans mécanisme permettant de briser ce cercle, même une formation de qualité risque de ne pas déboucher sur une insertion professionnelle durable.
Le choix du nom « Nexus » pour cette 50e promotion est particulièrement symbolique. Il évoque le lien entre le passé et l’avenir.
Les plus de 400 diplômés représentent effectivement une passerelle vers l’avenir, à condition que leurs compétences puissent être utilisées.
Leur formation en électromécanique, maintenance industrielle, télécommunications et réseaux informatiques correspond à des domaines dont le pays a besoin pour renforcer ses capacités techniques et productives.
Le véritable test commence donc maintenant.
La réussite de cette promotion ne se mesurera pas uniquement au nombre de diplômes remis, mais à la capacité de ces jeunes à trouver un emploi, à créer des entreprises, à innover et à contribuer concrètement au développement du pays.
Les discours du parrain et de la marraine de la promotion, respectivement Eufodie Gabrielle Saint-Louis représentante de Malta H et David Coles, président de l’Association des industries d’Haïti (ADIH), apportent un élément intéressant au débat.
Ils ont assuré que les entreprises étaient prêtes à offrir aux jeunes leur première expérience professionnelle, tout en les encourageant à envisager l’entrepreneuriat.
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