Une manifestation organisée mercredi à Delmas par des acteurs favorables à la Cour de cassation et leurs alliés n’a pas pu atteindre son point d’arrivée prévu, devant la Primature. La mobilisation, qui avait débuté à Delmas 41, a été dispersée par la Police nationale d’Haïti (PNH) au niveau de Delmas 40B. Les protestataires voulaient se diriger à Musseau, devant la Résidence officielle du premier ministre.

Mais leur parcours a été interrompu par l’intervention des forces de l’ordre, empêchant les organisateurs de mener la manifestation à son terme.
plusieurs responsables politiques avaient été remarqués dans le cortège. L’ancien sénateur Dieupie Chérubin, présent dans la manifestation, a expliqué que sa participation visait à accompagner une population qui, selon lui, a déjà rejeté le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Il accuse également le chef du gouvernement de préparer des élections qu’il qualifie de « sélection ».
De son côté, l’ancien sénateur Francisco Delacruz a réaffirmé son soutien à la position selon laquelle la transition devrait être conduite par un juge de la Cour de cassation. Il a également dénoncé plusieurs contrats conclus ou engagés par le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, estimant qu’ils pourraient compromettre les ressources et les intérêts stratégiques du pays.
Le dirigeant de l’opposition et figure du mouvement favorable à la Cour de cassation, Junior Bateau, a pour sa part déclaré qu’aucune élection ne pourra, selon lui, être organisée avec Alix Didier Fils-Aimé à la tête du gouvernement.
Il a vivement critiqué la gestion de la Primature, qu’il accuse d’avoir contribué à aggraver la crise sécuritaire que traverse le pays.
Après la dispersion du rassemblement, plusieurs manifestants ont dénoncé l’attitude des forces de l’ordre. Ils accusent la police de travailler au profit du pouvoir en place plutôt que de garantir le droit de manifester.
Les protestataires affirment toutefois qu’ils ne comptent pas abandonner leur mobilisation. Ils promettent de poursuivre les manifestations jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues par les autorités.
Certains participants ont également appelé les forces de l’ordre à concentrer leurs efforts sur la lutte contre les groupes armés qui terrorisent la population dans plusieurs régions du pays, notamment dans le département de l’Ouest, dans l’Artibonite et dans le Centre.
Cette mobilisation intervient alors que les autorités de transition, dirigées par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, poursuivent les préparatifs en vue de l’organisation des élections.
Le gouvernement affirme vouloir faire avancer le processus électoral afin de permettre, au début de l’année 2027, la transmission du pouvoir à des dirigeants issus des urnes.
Ce calendrier reste toutefois contesté par plusieurs acteurs politiques et groupes de la société civile, qui mettent en doute la légitimité et les conditions dans lesquelles ces élections pourraient être organisées.
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