Trois présumés membres de gangs ont été tués mercredi lors d’un échange de tirs avec une unité de la Force de Répression des Gangs (FRG) à Tabarre. Cette opération intervient alors que les déclarations du gouvernement sur une amélioration de la situation sécuritaire continuent de susciter des réactions.

Dans un communiqué, la FRG indique qu’une de ses unités effectuait une patrouille de sécurité de routine lorsqu’elle a été attaquée par des individus armés près d’un point de contrôle illégal situé dans une zone contrôlée par le gang « Kraze Baryè ». Les agents ont riposté conformément à leurs règles d’engagement, donnant lieu à un échange de tirs.
Selon les premiers éléments communiqués par la mission, trois présumés membres du gang ont été abattus. La FRG précise qu’aucun civil n’a été blessé au cours de l’opération.
L’institution réaffirme que « la sûreté et la sécurité de la population haïtienne demeurent sa priorité absolue ».
Elle souligne également son engagement en faveur de la transparence, du dialogue avec les communautés locales et du soutien aux autorités haïtiennes dans leurs efforts visant à réduire l’influence des groupes armés et à rétablir la sécurité dans les territoires qu’ils contrôlent.
Parallèlement, le diplomate et avocat Pierre-Antoine Louis a vivement réagi aux propos tenus lundi par la ministre des Affaires étrangères, Raina Forbin, devant le Conseil de sécurité des Nations unies.
Celle-ci avait affirmé que la situation sécuritaire connaissait une amélioration et que des élections pourraient être organisées dans sept des dix départements du pays.
Pour Pierre-Antoine Louis, ces déclarations démontrent soit une méconnaissance de la réalité du terrain, soit un manque de bonne foi de la cheffe de la diplomatie haïtienne.
Il rappelle que, selon les données de l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), seules trois communes du département de l’Ouest échappent encore au contrôle des gangs.
Il souligne également la gravité de la situation dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre, qui regroupent à eux seuls plus de la moitié du corps électoral haïtien.
Le diplomate fait également valoir que le Conseil de sécurité de l’ONU avait lui-même estimé que la situation en Haïti nécessiterait au moins deux années supplémentaires avant de connaître une amélioration significative.
Pierre-Antoine Louis évoque les difficultés auxquelles fait face la Force de Répression des Gangs.
Selon lui, seulement 1 300 des quelque 5 000 membres attendus ont jusqu’à présent été déployés. Il estime que des contraintes financières et logistiques freinent le renforcement de cette force, des difficultés que les autorités hésiteraient, selon lui, à reconnaître publiquement.
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