Cap-Haïtien, le 20 juillet 2026 – Le processus électoral haïtien est officiellement entré dans une nouvelle phase. Conformément au communiqué publié le 17 juillet par le Conseil électoral provisoire (CEP), les opérations d’inscription des électeurs sur le registre électoral ont débuté ce lundi 20 juillet dans les chefs-lieux de neuf des dix départements géographiques du pays, marquant une étape importante vers l’organisation des prochaines élections.
Cette campagne nationale, qui comprend le préenregistrement et l’inscription des électeurs dans les Centres d’inscription et de vote (CIV), vise à actualiser le registre électoral et à permettre aux citoyens de participer aux futurs scrutins. Toutefois, un département majeur manque à l’appel : l’Ouest, où la détérioration de la situation sécuritaire empêche pour l’instant le déploiement des opérations.
L’Ouest écarté pour des raisons sécuritaires
Dans son communiqué du 17 juillet, le CEP explique que cette exclusion est dictée par « les contraintes particulières qui prévalent actuellement dans le département de l’Ouest ».
L’institution précise qu’elle poursuit une évaluation permanente de la situation afin d’étendre progressivement les opérations dans ce département ainsi que dans les autres communes du pays, dès que les conditions de sécurité, d’accessibilité et d’efficacité le permettront.
Cette décision prouve l’ampleur des défis auxquels se heurte le processus électoral dans un pays où une grande partie de la région métropolitaine de Port-au-Prince demeure sous l’influence de groupes armés, compliquant considérablement toute opération administrative de grande envergure.
Le Nord donne le coup d’envoi ainsi que le SUD’Est
Les autorités présentent cette étape comme un signal de la volonté de poursuivre le calendrier électoral malgré un contexte politique et sécuritaire particulièrement fragile. Le Gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé estime que cette avancée traduit la détermination des institutions à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections libres, transparentes, inclusives et crédibles.
Au-delà de son caractère administratif, cette campagne est également perçue comme un exercice destiné à restaurer progressivement la confiance entre les citoyens et les institutions démocratiques.
Le CEP appelle les citoyens à s’inscrire
Le Conseil électoral provisoire invite l’ensemble des citoyennes et citoyens détenteurs d’une Carte d’identification nationale (CIN) valide à se rendre dans les Centres d’inscription et de vote afin d’accomplir les formalités nécessaires.
Les autorités lancent également un appel à la responsabilité de l’ensemble des acteurs politiques, des organisations de la société civile, des institutions publiques ainsi que des partenaires nationaux et internationaux afin d’accompagner le processus dans un climat de dialogue et de sérénité.
Une première victoire… mais le plus difficile reste à faire
Le lancement des opérations d’inscription constitue sans conteste une avancée institutionnelle après plusieurs années d’absence d’élections. Cependant, cette étape ne représente que le début d’un parcours semé d’embûches.
L’exclusion, même provisoire, du département de l’Ouest — où vit une part importante de la population électorale — rappelle que les défis sécuritaires demeurent le principal obstacle à l’organisation d’un scrutin véritablement national. À cela s’ajoutent la situation des centaines de milliers de déplacés internes, les difficultés logistiques, le financement du processus électoral ainsi que les interrogations persistantes d’une partie de la classe politique et de la société civile sur les garanties d’indépendance et de transparence du scrutin.
La machine électorale est désormais en mouvement. Mais une machine, aussi bien huilée soit-elle sur le papier, ne suffit pas à garantir des élections crédibles. Tant que des millions d’Haïtiens resteront privés de conditions minimales de sécurité pour s’inscrire, faire campagne ou voter, le processus continuera de susciter autant d’espoir que de scepticisme. Le véritable test ne sera pas le lancement des inscriptions, mais la capacité du CEP et des autorités à assurer que chaque citoyen, où qu’il vive, puisse exercer librement son droit de vote. C’est à cette condition que les prochaines élections pourront réellement marquer le retour de la démocratie plutôt qu’une simple démonstration administrative.
La rédaction
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp


