Après plusieurs années passées en Floride, aux États-Unis, l’ancien président Michel Joseph Martelly est rentré en Haïti ce mercredi 15 juillet 2026. Son retour intervient dans un contexte particulièrement sensible, marqué par la poursuite de l’enquête sur l’assassinat du président Jovenel Moïse, des sanctions internationales qui le visent et une série de dossiers qui continuent d’alimenter le débat public sur la gouvernance et la lutte contre l’impunité.
Selon plusieurs sources proches du dossier, ce retour aurait été recommandé par ses avocats.
Aucune confirmation officielle n’a toutefois été apportée, laissant planer le doute sur les véritables motivations de ce déplacement.
L’ancien chef de l’État est attendu par la Cour d’appel de Port-au-Prince dans le cadre de l’instruction complémentaire relative à l’assassinat de Jovenel Moïse, tué le 7 juillet 2021 dans sa résidence privée.
Une première convocation avait été fixée au 18 juin avant d’être reportée.
Son retour pourrait désormais permettre aux magistrats de poursuivre leurs investigations en auditionnant une personnalité considérée comme un acteur important de la vie politique ayant précédé ce drame.
Le fait que Jovenel Moïse ait été porté au pouvoir sous la bannière du Parti haïtien Tèt Kale (PHTK), fondé par Michel Martelly, renforce l’intérêt des enquêteurs pour cette audition.
Si cette convocation ne préjuge en rien d’une quelconque responsabilité pénale, elle traduit néanmoins la volonté affichée de la justice d’entendre plusieurs personnalités susceptibles d’éclairer certains aspects de l’enquête.
Au-delà du dossier judiciaire haïtien, le retour de Michel Martelly remet également au premier plan les sanctions imposées par plusieurs partenaires internationaux.
Les autorités canadiennes l’ont sanctionné en novembre 2022, tandis que le département américain du Trésor lui a infligé des sanctions en août 2024, l’accusant notamment d’avoir favorisé le trafic de stupéfiants, entretenu des liens avec des trafiquants et soutenu des groupes armés.
Ces sanctions, bien qu’elles aient des conséquences diplomatiques et financières importantes, demeurent des mesures administratives et ne constituent pas des condamnations judiciaires.
Aucune juridiction n’a, jusqu’ici déclaré Michel Martelly coupable des faits allégués dans le cadre de ces mesures.
L’ancien président est également cité dans un rapport de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), qui relève des incohérences présumées dans ses déclarations de patrimoine, évoquant notamment des omissions et de possibles fausses déclarations.
Là encore, ces éléments relèvent d’investigations administratives et ne valent pas condamnation.
Pendant ce temps, à Péguy-Ville, dans la commune de Pétion-Ville, plusieurs dizaines de sympathisants, accompagnés de bandes de rara, se sont massés devant la résidence de l’ancien président pour lui réserver un accueil chaleureux.
Cette démonstration de soutien illustre la persistance d’une base politique fidèle, malgré les nombreuses controverses qui entourent son nom.
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