Les affrontements entre groupes armés se poursuivent à Cité Soleil, tandis que la situation sécuritaire demeure extrêmement préoccupante dans plusieurs communes du département de l’Artibonite. Face à cette recrudescence de la violence, des responsables communautaires et des acteurs de la société civile dénoncent l’inaction des autorités et appellent à des mesures urgentes.

Le président du Collectif des notables de Cité Soleil (CONOCS), le pasteur Jean Enoch Joseph, affirme que les membres du gang de Wharf Jérémie et ceux du quartier de Belekou continuent de s’affronter, alimentant un climat d’insécurité permanent dans la commune.
Le responsable communautaire critique vivement la Police nationale d’Haïti (PNH), qu’il accuse de ne jamais avoir pris les dispositions nécessaires pour rétablir la paix à Cité Soleil. Il dénonce également les actes de pillage perpétrés par des hommes armés dans la zone de La Plaine, où plusieurs habitations auraient été saccagées.
Le pasteur Jean Enoch Joseph invite les victimes des violences des gangs à porter plainte contre les autorités compétentes, estimant que celles-ci doivent répondre de leur incapacité à protéger la population.
Il souligne également que l’insécurité persistante perturbe l’approvisionnement en carburant, notamment les opérations des camions-citernes au terminal de Varreux.
Dans le département de l’Artibonite, la commune de Dessalines demeure elle aussi sous forte tension. Selon le journaliste Daniel Louis, intervenant sur Radio Kiskeya, plusieurs quartiers, dont Martino, Charié et La Chapelle, restent sous le contrôle de groupes armés.
Il précise que des membres de groupes d’autodéfense, appuyés par des policiers de l’unité UTAG, tentent d’empêcher les gangs d’étendre leur emprise sur d’autres secteurs de la commune.
Le président du Syndicat des Planteurs Visionnaires pour le Développement de l’Artibonite (SPVDA), René Charles, décrit une situation toujours aussi préoccupante dans la vallée de l’Artibonite.
Il affirme que des bandits se cachent désormais dans les broussailles pour attaquer les passants et commettre des violences sexuelles contre les femmes, notamment dans la zone de Morne Robert, où l’insécurité se serait aggravée.
Pour sa part, le dirigeant de KONTRAPEP, Jean-Wiliam Jeanty, met en cause la communauté internationale, en particulier les États-Unis, qu’il accuse d’avoir favorisé l’arrivée au pouvoir du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Selon l’ancien parlementaire, le chef du gouvernement n’a entrepris aucune action significative pour améliorer les conditions de vie de la population et enrayer la montée de la violence qui touche notamment Cité Soleil, La Plaine et plusieurs communes de l’Artibonite.
Jean-Wiliam Jeanty estime également que la Force de répression des gangs (FRG), déployée depuis avril 2026, n’a pas encore obtenu les résultats escomptés dans la lutte contre les groupes armés.
L’ex-parlementaire critique la poursuite des opérations de drones kamikazes, tout en soulignant qu’aucun chef du regroupement criminel « Viv Ansanm » n’a été arrêté jusqu’à présent, malgré les opérations menées par les forces de l’ordre.
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