Les tensions entre le gouvernement et le Conseil électoral provisoire (CEP) s’intensifient. Une nouvelle controverse a éclaté à la suite d’une rencontre tenue le mardi 2 juin entre le chef du gouvernement et les conseillers électoraux.

Lors de cette réunion, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a informé les conseillers électoraux de son intention de publier dans le journal officiel Le Moniteur le projet de décret électoral élaboré par son gouvernement et adopté à l’unanimité par le Conseil des ministres. Une démarche vivement contestée par les membres du CEP, qui y voient une atteinte à l’indépendance de l’institution.
Cette décision a suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile. L’ancien Premier ministre Claude Joseph a appelé les forces politiques et sociales du pays à faire barrage à ce qu’il considère comme une tentative de prise de contrôle du processus électoral par le chef du gouvernement.
Le coordonnateur du parti EDE a accusé le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de vouloir organiser des élections biaisées afin de favoriser des personnalités issues de son propre courant politique. Selon lui, le chef du gouvernement devrait tirer les leçons de l’histoire politique récente du pays et laisser au CEP l’entière responsabilité de conduire le processus électoral.
Claude Joseph affirme également que le gouvernement ne manifeste aucune réelle volonté d’organiser des élections crédibles et qu’il est lui-même à l’origine de la crise actuelle avec le Conseil électoral provisoire. Il a dénoncé ce qu’il qualifie de « velléités dictatoriales » du chef du gouvernement et exhorté les forces vives de la nation à s’opposer à toute tentative de contrôle de l’appareil électoral par l’Exécutif.
De son côté, la directrice exécutive de la Commission épiscopale nationale Justice et Paix (CE/JILAP), Jocelyne Colas, estime que le conflit opposant la Primature au CEP révèle une volonté manifeste du Premier ministre d’affaiblir l’institution électorale. Elle considère que cette situation remet sérieusement en question l’indépendance du Conseil électoral provisoire.
Mme Colas a averti que cette confrontation risque d’aggraver davantage la crise politique et institutionnelle du pays. Selon elle, ce différend pourrait ouvrir un nouveau front de tensions au sommet de l’État et compromettre davantage les droits politiques des citoyens, notamment leur droit de participer à un processus électoral libre et transparent.
Pour la responsable de la CE/JILAP, cette crise illustre un affaiblissement préoccupant de l’autonomie de l’institution électorale et risque d’éroder davantage la confiance de la population dans le processus devant conduire aux prochaines élections.
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