L’assassinat du Dr Roger Germain, propriétaire du laboratoire Gamma, survenu mardi à Bourdon, a provoqué une onde de choc au sein de la société haïtienne, particulièrement dans le secteur médical. Plusieurs organisations et personnalités ont dénoncé ce crime, qu’elles considèrent comme le reflet de la dégradation continue du climat sécuritaire dans le pays.

Le secrétaire général de l’Association Médicale Haïtienne (AMH), le Dr Ardouin Esther Louis-Charles, a qualifié cet assassinat de « coup dur » pour le secteur médical et pour l’ensemble de la société haïtienne. Il a rappelé que le laboratoire Gamma constitue une référence dans le domaine médical, jouissant de la confiance de nombreux patients et professionnels de santé à travers le pays.
Selon le Dr Louis-Charles, le Dr Roger Germain, âgé de 78 ans, était un professionnel passionné et profondément attaché à son travail. Il souligne que ce dernier avait fait le choix de rester en Haïti afin de servir son pays malgré les difficultés persistantes.
Très ému par cette disparition tragique, le responsable de l’AMH estime que l’État porte une lourde responsabilité dans ce drame. « C’est un État incapable d’assurer sa mission qui a permis qu’un homme aussi respecté soit tué dans de telles conditions », a-t-il déclaré, dénonçant un système qui ne garantit ni la sécurité ni la protection de la vie des citoyens.
De son côté, le Collège Haïtien de Médecine Interne (CHAMI) a exprimé sa « profonde indignation » et sa « vive émotion » après l’assassinat du biologiste, perpétré par des hommes lourdement armés.
Dans une note de protestation, le CHAMI a salué la mémoire d’un professionnel dévoué, dont la contribution au secteur médical et scientifique haïtien était largement reconnue.
Cette structure, dirigée par l’ancien Premier ministre Jack Guy Lafontant, considère la disparition du Dr Germain comme une perte immense pour la médecine haïtienne, déjà fragilisée par l’insécurité qui pousse le pays à perdre progressivement ses ressources humaines les plus qualifiées.
Le CHAMI a condamné avec fermeté cet acte criminel et rappelé que l’insécurité généralisée menace non seulement la vie des citoyens, mais également le fonctionnement des institutions sanitaires ainsi que la survie même du système de santé haïtien.
L’organisation a également lancé un appel aux autorités et aux forces de l’ordre afin que des mesures concrètes soient prises pour assurer la sécurité des citoyens, protéger les professionnels de santé et garantir la libre circulation sur l’ensemble du territoire national.
Le coordonnateur de l’Union Nationale des Normaliens Haïtiens (UNNOH), le professeur Josué Mérilien, a lui aussi condamné la multiplication des assassinats dans le pays. Il a notamment évoqué les cas du Dr Roger Germain et du professeur Bernard Brousseau.
Le syndicaliste déplore qu’Haïti continue de perdre des citoyens formés pour servir la population. Il plaide en faveur d’une mobilisation nationale contre l’insécurité afin d’empêcher que des professionnels et des serviteurs publics continuent d’être victimes de la violence armée.
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