Punta Cana – Derrière les complexes hôteliers et les plages de Punta Cana, plusieurs femmes haïtiennes accusent des agents migratoires dominicains d’agressions sexuelles commises lors d’opérations de contrôle visant des migrants en situation irrégulière.
Dans une enquête publiée le 19 mai 2025, El País rapporte les témoignages de femmes affirmant avoir subi des viols, des actes d’extorsion sexuelle et des menaces de déportation dans des quartiers précaires situés à proximité des zones touristiques de Punta Cana.
Certaines victimes disent avoir accepté des rapports sexuels forcés pour éviter un renvoi vers Haïti. D’autres affirment ne plus se rendre dans les hôpitaux ni quitter leur domicile par peur des opérations migratoires.
Le reportage évoque également des cas présumés d’expulsions de femmes enceintes, de personnes hospitalisées et de mineurs, ainsi que des arrestations visant des Dominicains noirs malgré la présentation de leurs documents d’identité.
Le Collectif Migration et Droits humains affirme avoir transmis plusieurs plaintes au ministère public concernant des abus sexuels attribués à des agents migratoires dominicains.
Ces accusations apparaissent dans un contexte de durcissement de la politique migratoire annoncée par le président Luis Abinader en avril 2025. Les mesures comprennent notamment l’augmentation des patrouilles migratoires, le renforcement du contrôle frontalier et l’application de nouveaux protocoles dans les hôpitaux publics.
Selon les chiffres cités dans le reportage, plusieurs milliers de personnes ont été expulsées durant les premières semaines suivant l’annonce de ces mesures.
Pendant que les organisations de défense des droits humains dénoncent les conséquences humaines des expulsions, plusieurs secteurs économiques dominicains alertent désormais sur leurs impacts économiques.
Dans le secteur de la construction, des représentants patronaux affirment qu’une part importante des ouvriers présents sur les chantiers est d’origine haïtienne. Certains entrepreneurs estiment que les expulsions et la peur des contrôles migratoires ralentissent déjà plusieurs projets immobiliers.
La crise touche également le secteur agricole.
Le 20 mai 2026, Association des producteurs de cassave de Monción a déclaré qu’environ 80 % de ses producteurs affiliés étaient totalement ou partiellement paralysés en raison d’un manque de main-d’œuvre agricole et d’une pénurie de manioc amer utilisé dans la fabrication du cassave.
L’organisation affirme que les travaux agricoles liés à cette production dépendent historiquement d’ouvriers étrangers, principalement haïtiens, notamment pour les activités de plantation, d’entretien et de récolte.
Selon l’association, plusieurs producteurs font face à une hausse des coûts de production, à des retards opérationnels et à des difficultés pour honorer leurs contrats commerciaux.
Son président, Paulino Peralta, a appelé les autorités dominicaines à ouvrir un débat national sur la disponibilité de la main-d’œuvre agricole, la mécanisation des cultures et la stabilité de la production alimentaire.
Soraya Ades
Avec le média Dominicain Fotuto
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp


