République dominicaine – L’organisation Amnistie Internationale a demandé, le 18 mai 2026, au gouvernement dominicain de dissocier l’accès aux services de santé du contrôle migratoire, dénonçant un protocole appliqué depuis avril 2025 dans les hôpitaux publics du pays.
Dans un communiqué publié alors que la République dominicaine vient d’assumer la présidence de l’Assemblée mondiale de la santé à Genève, l’ONG estime qu’il existe une contradiction entre ce rôle international et les pratiques migratoires appliquées aux ressortissants haïtiens en situation irrégulière.
Selon le protocole en vigueur, les agents migratoires peuvent vérifier l’identité et le statut légal des patients admis dans les centres hospitaliers. Les personnes considérées en situation irrégulière reçoivent des soins avant d’être transférées vers Haïti après leur rétablissement. Amnistie Internationale affirme que cette politique pourrait décourager des Haïtiens ainsi que des Dominicains d’ascendance haïtienne de fréquenter les hôpitaux par crainte d’une détention ou d’une expulsion.
L’organisation appelle les autorités à garantir que l’accès aux soins ne soit pas associé à des mesures migratoires ou à des pratiques jugées discriminatoires.
Les données officielles citées par l’ONG indiquent que 370 000 ressortissants haïtiens ont été expulsés de République dominicaine en 2025, soit une augmentation de 37,4 % par rapport à l’année précédente.
Au même moment, un autre dossier lié à la frontière dominico-haïtienne suscite des préoccupations au sein des secteurs économiques dominicains. Plusieurs associations de commerçants, d’exportateurs et de transporteurs ont demandé une révision du modèle des “Ports Secs”, prévu dans le Décret 166-26.
Réunis avec la Commission permanente des affaires frontalières de la Chambre des députés dominicaine, les représentants du secteur ont indiqué ne pas s’opposer à la modernisation de la frontière, tout en réclamant une évaluation plus approfondie des conséquences économiques et sociales du dispositif.
Les organisations soutiennent que les petits et moyens commerçants ont joué un rôle central dans le développement du commerce transfrontalier avec Haïti depuis plusieurs décennies. Elles estiment que le nouveau modèle pourrait concentrer les échanges entre un nombre limité d’opérateurs économiques au détriment des circuits commerciaux traditionnels.
Des inquiétudes ont également été exprimées concernant les effets possibles sur plusieurs villes frontalières, notamment Dajabón, Jimaní, Pedernales, Elías Piña et Bánica, où une partie importante de l’activité économique dépend du commerce avec Haïti.
Les représentants du secteur craignent par ailleurs une augmentation de l’entrée de marchandises à faible coût susceptibles d’affecter la production nationale dominicaine, les microentreprises, l’agro-industrie et l’emploi local.
Tout en reconnaissant la nécessité de renforcer les contrôles et les infrastructures frontalières, les associations ont demandé l’organisation de consultations publiques et de débats nationaux afin d’élargir les discussions autour du futur modèle commercial appliqué à la frontière dominico-haïtienne.
Soraya Ades.
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