Le 15 mai 2026, José Ricardo Taveras, ancien directeur général de la Migration, a publiquement critiqué le mémorandum conclu avec Washington concernant la réception en territoire dominicain d’étrangers déportés depuis les États-Unis dans le cadre d’opérations impliquant des pays tiers.
Dans un message publié sur le réseau X, Taveras a affirmé que la détention de ces personnes en République dominicaine pourrait être jugée illégale par les tribunaux dominicains, estimant que le pays ne disposerait pas des bases juridiques nécessaires pour les expulser ensuite vers leurs pays d’origine.
L’ancien responsable a également dénoncé le risque de voir la République dominicaine devenir, selon ses termes, un « centre de rétention extraterritorial » financé par les États-Unis mais géré localement par les autorités dominicaines. Il a évoqué des préoccupations liées à l’identification des profils transférés et aux implications sécuritaires potentielles.
Plusieurs personnalités et organisations ont rejoint ces critiques. Le 14 mai 2026, l’Institut Duartiano a exprimé sa « surprise totale » face à l’accord signé avec Washington. Son président, Wilson Gómez Ramírez, estime que le dispositif compromet la souveraineté nationale et contrevient au cadre juridique migratoire dominicain.
Selon lui, la législation dominicaine ne prévoit que le retour de citoyens dominicains ou l’entrée d’étrangers bénéficiant d’une autorisation consulaire spécifique. Il considère l’accord comme « excessivement complaisant » et affirme qu’il pourrait entrer en contradiction avec certaines dispositions constitutionnelles.
L’Institut Duartiano a aussi exprimé des inquiétudes concernant l’utilisation potentielle d’aéronefs militaires étrangers et d’infrastructures aéroportuaires dominicaines dans le cadre de ces opérations migratoires.
Le gouvernement dominicain a toutefois défendu le mémorandum. Le ministre des Relations extérieures, Roberto Álvarez, a précisé que l’accord concerne uniquement un transit temporaire de migrants de pays tiers et qu’il exclut notamment les ressortissants haïtiens, les mineurs non accompagnés ainsi que les personnes ayant des antécédents criminels.
Selon les autorités, le dispositif prévoit la réception mensuelle d’environ trente migrants pour une période limitée avant leur transfert vers leurs pays d’origine.
Dans ce climat de débat migratoire, le ministère de l’Intérieur et de la Police a organisé, le 16 mai 2026, une cérémonie officielle de naturalisation à l’Institut supérieur d’études policières (IPES) à Santo Domingo.
Au total, 149 ressortissants étrangers originaires de plus de trente pays ont prêté serment comme nouveaux citoyens dominicains. Parmi les groupes les plus représentés figuraient des ressortissants du Venezuela, de Cuba, de Colombie, d’Italie, d’Espagne et de Russie. Des citoyens venant du Pakistan, de Chine, d’Afrique du Sud, du Liban, de Belgique et d’Allemagne figuraient également parmi les naturalisés. Aucun ressortissant haïtien n’a été mentionné dans la liste officielle communiquée par les autorités dominicaines, malgré le fait que les Haïtiens représentent la plus importante communauté étrangère vivant en République dominicaine.
La ministre Faride Raful a déclaré que la naturalisation implique le respect de la Constitution dominicaine, des lois nationales et des principes démocratiques. Elle a présenté cette intégration comme une contribution à la vie économique, sociale et culturelle du pays.
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp

