De violents affrontements opposant plusieurs groupes armés ont, une fois encore, éclaté durant le week-end dans la plaine du Cul-de-Sac, provoquant un nouveau drame humanitaire dans plusieurs quartiers situés entre Cité Soleil et Croix-des-Bouquets. Des centaines de familles ont été contraintes d’abandonner leurs maisons en pleine nuit afin d’échapper aux tirs nourris et aux incendies criminels.

La plupart des déplacés ont trouvé refuge à « Kafou 3 Mains », sur la route de l’aéroport, dans des conditions extrêmement précaires. Femmes, enfants et personnes âgées, souvent pieds nus et portant quelques effets personnels sur la tête ou dans les bras, ont fui les violences déclenchées le week-end écoulé.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les affrontements se poursuivaient encore jusqu’à ce lundi à la mi-journée, notamment dans les localités de Pierre 6 et Carrefour Duvivier. Des maisons ont été incendiées et plusieurs victimes enregistrées, mais aucun bilan officiel n’est encore disponible.
Une déplacée originaire de la Route 9 raconte avoir fui son domicile depuis samedi soir avec sa famille, dans l’obscurité et sous les rafales d’armes automatiques. D’autres sinistrés dénoncent l’absence des autorités et disent ne pas savoir comment nourrir leurs enfants, confrontés à la faim et au manque d’eau potable.
Des citoyens accusent l’État de passivité face à la montée de l’insécurité et reprochent au gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de ne pas réagir efficacement à la détérioration de la situation sécuritaire dans le département de l’Ouest, mais également dans l’Artibonite et le Plateau Central.

L’ancien agent exécutif intérimaire de la mairie de Cité Soleil, Esaïe Beauchard, affirme qu’environ 200 personnes auraient été blessées par balles, une vingtaine d’autres tuées et plus de 50 maisons incendiées. Il évoque un conflit opposant des factions du regroupement « Viv Ansanm » pour des intérêts économiques et appelle les autorités à intervenir rapidement pour protéger la population civile.
C’est dans ce contexte que plusieurs grandes entreprises, dont Rhum Barbancourt, Brasserie de la Couronne S.A. et Comme Il Faut S.A., ont dénoncé, dans un communiqué publié le 10 mai 2026, l’état critique des routes menant à l’Aéroport International Toussaint Louverture.
Les signataires estiment que les interventions engagées demeurent insuffisantes et alertent sur les conséquences économiques et sécuritaires de cette dégradation. Ils réclament une rencontre urgente avec les autorités compétentes afin de mettre en œuvre un plan d’intervention coordonné pour éviter une aggravation de la crise.
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