La situation sécuritaire aux abords de l’aéroport international Toussaint Louverture suscite de vives inquiétudes dans le secteur privé. Dans un communiqué conjoint, les responsables des entreprises Rhum Barbancourt, Brasserie de la Couronne et la Brasserie Séjourné alertent sur la dégradation rapide de la zone située entre la Route nationale n°1 et la Route n°9, théâtre d’affrontements armés particulièrement violents.

Ces affrontements auraient fait entre 150 et 200 morts dans les deux camps et parmi la population civile, selon des témoignages.
Les responsables des entreprises signataires de la note soutiennent que le calme observé ces derniers jours reste précaire. Les employés, leurs familles ainsi que les riverains hésitent à regagner les lieux, par crainte d’une reprise des violences. Une zone autrefois dynamique qui risque désormais de basculer en « territoire perdu », menaçant directement l’environnement immédiat de l’aéroport, font-ils remarquer.
Ils pointent également les limites des interventions des forces de l’ordre, confrontées à des contraintes matérielles importantes. L’état de dégradation avancé de la Route nationale n°1 empêcherait notamment les véhicules blindés d’accéder à des points stratégiques sans risque de s’embourber, rendant difficile toute opération de sécurisation efficace, disent-ils.
« Les forces publiques ne peuvent même pas faire le tour complet de l’aéroport », déplorent les entreprises, qui estiment qu’aucune sécurité durable ne sera possible sans une réhabilitation urgente de cet axe routier clé.
Face à cette situation, elles lancent un appel pressant aux autorités pour une intervention immédiate. Elles réclament la remise en état des infrastructures routières, afin de permettre aux forces de l’ordre de reprendre le contrôle de la zone et d’assurer la protection des populations.
Les entreprises évoquent aussi les conséquences économiques et sociales d’un abandon de la zone. À elles seules, elles représentent plus de 2 500 emplois directs et près de 160 000 emplois indirects. La suspension des activités de la Fondation Barbancourt, qui assurait chaque mois la prise en charge de plus de 1 500 patients et l’accompagnement quotidien de centaines d’enfants, illustre déjà l’impact concret de la crise.
« Laisser tomber cette zone, c’est abandonner des familles, des emplois et un périmètre stratégique aux portes de l’aéroport », préviennent-elles, appelant l’État à passer « des constats à l’action ».
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