Réuni ce jeudi, le Conseil de sécurité des Nations unies a placé Haïti au cœur de ses préoccupations, dans un contexte mêlant avancées politiques fragiles et aggravation continue de l’insécurité.
Au centre des débats : l’urgence d’un déploiement rapide et complet de la Force de répression des gangs (FRG), considérée comme un levier essentiel pour stabiliser le pays.
Le Représentant spécial du Secrétaire général, Carlos Ruiz Massieu, a salué certains progrès enregistrés sur le plan politique, notamment en matière électorale, tout en avertissant que la situation sécuritaire demeure « extrêmement préoccupante ».
Attaques armées, massacres récents et contrôle persistant de zones entières par les gangs continuent d’entraver toute perspective de stabilité durable.
De son côté, le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a plaidé pour un déploiement « sans délai » de la FRG, appelant à un soutien international accru, tant sur les plans logistique que financier. « Sans sécurité, aucun développement n’est possible », a-t-il insisté, affirmant que certaines zones de la capitale commencent à être reprises aux groupes armés grâce à l’action conjointe des forces nationales et de cette nouvelle structure.
Alors que plus de 1,45 million de personnes ont été déplacées par les violences, plusieurs délégations ont insisté sur la fragilité des acquis.
La stabilisation du pays apparaît comme une condition indispensable à l’organisation d’élections crédibles et au rétablissement de l’autorité de l’État.
La représentante américaine, Jennifer Locetta, a souligné que la lutte contre les gangs ne saurait se limiter à une réponse sécuritaire.
Elle a appelé à la création d’opportunités économiques pour la population, estimant que la stabilité passe aussi par le développement.

Le responsable de la FRG, Jack Christofides, a précisé que cette force — appelée à compter 5 500 membres — vise avant tout à permettre aux institutions haïtiennes de reprendre durablement le contrôle du territoire.
L’objectif est de réduire significativement la capacité opérationnelle des gangs, tout en garantissant la protection des civils et le respect des droits humains.
Dans le même temps, Erastus Lokaale du Kenya a rappelé que la Mission multinationale d’appui à la sécurité, déployée depuis juin 2024, a démontré qu’un rétablissement progressif de la sécurité est possible.
Mais avec le retrait du dernier contingent prévu fin avril 2026, la transition vers la FRG entre dans une phase critique.
Quant à la République dominicaine, elle a salué les efforts en cours et annoncé le maintien de son soutien financier et logistique, avec une nouvelle contribution prévue pour 2027.
Le représentant colombien, Raúl Esteban Sánchez Niño, a insisté sur la nécessité de lutter contre l’impunité, notamment celle des acteurs qui financent la violence, condition indispensable à toute paix durable.
La Russie, par la voix de Vassily A. Nebenzia, a appelé à éviter toute ingérence dans le processus politique haïtien, insistant sur le droit du peuple à décider de son avenir.
Il a également mis en garde contre les risques liés au retrait des forces internationales, appelant à prévenir tout vide sécuritaire.
Sur le plan humanitaire, la situation continue de se détériorer. Selon le World Food Programme, dirigé en Haïti par Wanja Kaaria-Ndoho, 5,8 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, dont 1,8 million en situation d’urgence.
« Nous ne pouvons pas construire la paix lorsque les familles n’ont rien à manger », a-t-elle averti, soulignant que la faim alimente le recrutement d’enfants par les groupes armés.
Ce n’est pas la première fois que la communauté internationale reconnaît l’urgence d’agir en Haïti, mais la crise sécuritaire ne cesse de s’aggraver.
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