Port-au-Prince, 20 avril 2026. Selon des témoignages concordants recueillis auprès de riverains, des familles entières sont piégées à leur domicile, notamment dans la rue Germain, en raison de l’intensité des échanges de tirs. « Les balles frappent les murs et traversent les tôles », confie un habitant sous couvert d’anonymat, décrivant un climat de peur généralisée.
Les violences ont également atteint des infrastructures sensibles. Une balle perdue aurait touché une vitre au niveau de la Direction de la sécurité de l’Aéroport international Toussaint Louverture. Par mesure de précaution, des employés ont été confinés à l’intérieur du périmètre, limitant tout déplacement.
Dans ce contexte, la compagnie Sunrise Airways a annoncé la suspension de l’ensemble de ses vols à destination et en provenance de la capitale haïtienne pour la journée du lundi. Dans un communiqué, elle indique avoir été « contrainte » de prendre cette décision, invoquant la dégradation de la situation sécuritaire aux abords de l’aéroport et réaffirmant que la sécurité de ses passagers et de son personnel demeure prioritaire.
Sur le terrain, les conséquences des affrontements sont également matérielles. À Sarthe, plusieurs véhicules ont été incendiés. Des plantations de canne à sucre appartenant à la société Rhum Barbancourt auraient été partiellement détruites. Ces actes seraient liés à des affrontements opposant des groupes armés opérant notamment à Pyè 6 et Terre Noire à des factions rivales basées à Chen Mechan.
Face à l’escalade de la violence, des déplacements de population ont été observés, notamment à Carrefour Drouillard et dans les zones environnantes. Des familles fuient précipitamment leurs habitations, emportant quelques effets personnels, parfois avec de jeunes enfants.
Malgré une présence policière signalée à certains points stratégiques, dont Carrefour Vincent et Carrefour Drouillard, les forces de l’ordre peinent à reprendre le contrôle de l’ensemble de la zone. L’accès à plusieurs secteurs reste limité, en raison notamment de l’état dégradé des routes, aggravé par les pluies récentes.
Dans l’attente d’un retour au calme, de nombreux habitants demeurent bloqués, sans possibilité d’évacuation sécurisée. Des appels à un arrêt immédiat des violences se multiplient afin de permettre la protection des civils et le déploiement d’une assistance humanitaire.
La situation demeure extrêmement volatile, alors que des tirs continuent d’être entendus dans plusieurs quartiers de la Plaine du Cul-de-Sac.
Ronald André
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