Un an après une vaste mobilisation citoyenne marquant le bicentenaire de la rançon imposée à Haïti, le combat pour la reconnaissance et les réparations se poursuit. Le Kolektif Ayisyen Afwodesandan (KAAD) a salué, ce vendredi, la détermination des citoyens haïtiens et des soutiens à travers le monde engagés dans cette lutte de mémoire et de justice.

Dans une déclaration rendue publique à l’occasion de cette date historique, le KAAD a rappelé la portée de l’ordonnance du 17 avril 1825, signée par Charles X, qui imposait à la jeune République d’Haïti le paiement d’une indemnité colossale de 150 millions de francs en échange de la reconnaissance de son indépendance. Une somme qui équivaudrait aujourd’hui à plus de 21 milliards de dollars américains.
Sous la menace militaire de la France, notamment par la présence de navires armés au large de Port-au-Prince, le président Jean-Pierre Boyer et le Sénat haïtien avaient été contraints d’accepter les termes de cette ordonnance en juillet 1825. Selon le KAAD, cet acte constitue une extorsion historique ayant lourdement compromis le développement économique et social du pays.
Le collectif souligne que cette « rançon de l’indépendance » a engendré un système économique asphyxiant, forçant Haïti à contracter des emprunts auprès de banques françaises pour honorer cette dette, au détriment des investissements dans les infrastructures et les services publics. Une situation dont les effets se font encore sentir aujourd’hui.
Par ailleurs, le KAAD a évoqué le contexte international actuel, marqué par l’adoption récente de la résolution A/80/L.48 par l’Assemblée générale des Nations Unies le 25 mars dernier. Toutefois, le collectif déplore l’abstention de plusieurs anciennes puissances coloniales lors du vote, y voyant un manque de volonté politique face aux enjeux de justice historique.
Rappelant que la traite négrière et l’esclavage constituent « l’injustice la plus inhumaine et la plus durable jamais infligée à l’humanité », le KAAD insiste sur la nécessité d’actions concrètes en faveur des peuples afrodescendants.
« Le crime est reconnu, la question est posée : il faut maintenant rendre justice et accorder des réparations », affirme le collectif, appelant à une mobilisation internationale renforcée pour faire aboutir cette revendication.
Alors que le débat sur les réparations prend de l’ampleur à l’échelle mondiale, cette nouvelle prise de position du KAAD s’inscrit dans une dynamique de pression croissante sur les anciennes puissances coloniales pour assumer leur responsabilité historique.
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