Port-au-Prince, 15 avril 2026. Selon un communiqué officiel, la direction générale de la PNH a rencontré le commandant en chef de la FRG, Erdenebat Batsuuri, accompagné d’officiers étrangers venus notamment de Mongolie, du Tchad et du Sri Lanka. Cette rencontre, présentée comme stratégique, vise à renforcer la coordination entre les forces engagées dans la lutte contre l’insécurité.
Le haut commandement de la PNH ainsi que le Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN) ont pris part à ces échanges, décrits par les autorités comme une étape décisive dans la reconquête des zones occupées par les gangs. Le gouvernement affirme vouloir « rétablir l’ordre » et « restaurer pleinement l’autorité de l’État » sur l’ensemble du territoire.
Pourtant, ces déclarations interviennent dans un contexte où la crédibilité de l’action gouvernementale est sérieusement remise en question. Depuis plusieurs mois, les annonces se succèdent sans résultats tangibles, tandis que les groupes armés continuent d’étendre leur emprise.
L’exemple récent de la localité de Seguin, dans le Sud-Est du pays, illustre cette dérive sécuritaire. Des individus lourdement armés y ont mené une attaque meurtrière, faisant une dizaine de victimes, incendiant le sous-commissariat et plusieurs véhicules, sans qu’une réponse rapide et efficace des autorités ne soit observée. Cet épisode alimente les critiques contre un État jugé dépassé et incapable de protéger ses citoyens.
Malgré cela, le gouvernement évoque un « tournant décisif » et met en avant le soutien de partenaires internationaux, réunis au sein du Groupe permanent des partenaires. Une aide extérieure qui, bien qu’importante, ne semble pas encore produire les effets escomptés sur le terrain.
Derrière les discours officiels, une réalité persiste : l’écart grandissant entre les promesses sécuritaires et leur mise en œuvre. Pour de nombreux observateurs, cette nouvelle annonce ressemble davantage à une tentative de rassurer qu’à un véritable changement de cap.
Dans un pays où l’insécurité conditionne désormais tous les aspects de la vie quotidienne, la question reste entière : le gouvernement est-il encore en mesure de reprendre le contrôle, ou assiste-t-on à une banalisation progressive de l’impuissance de l’État face aux gangs armés ?
Ronald André
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