Port-au-Prince, 13 avril 2026. Selon les informations recueillies, l’assaut est attribué au gang Gran Grif, opérant depuis la zone de Savien. L’attaque aurait débuté aux environs de 2 heures du matin dans la localité de Pont Benoît, avant de s’étendre rapidement à d’autres zones environnantes.
Malgré des signaux d’alerte évoqués depuis plusieurs semaines, aucune intervention préventive n’aurait été engagée. Le RNDDH souligne que des dénonciations portant sur de possibles accointances entre certains agents de la Police nationale et des groupes armés circulaient déjà depuis la fin de l’année 2025. Toutefois, aucune mesure concrète n’aurait été prise, les agents mis en cause étant restés en poste.
Face à l’attaque, une structure locale d’auto-défense a tenté d’opposer une résistance, sans succès. Rapidement dépassée, elle n’a pu empêcher la progression des assaillants vers des localités telles que Bwa Lavil, Descordes, Dupitraye et Raymoncin.
Le rapport décrit des scènes de violence particulièrement brutales. Des habitants ont été abattus alors qu’ils tentaient de fuir ou à l’intérieur même de leurs maisons. Des habitations ont été incendiées, tandis que des commerces ont été systématiquement pillés. Parmi les victimes figurent des personnes vulnérables, notamment des enfants, des personnes âgées et des individus en situation de handicap.
Sur le plan humain, au moins 53 victimes ont pu être formellement identifiées. Le RNDDH recense également plusieurs blessés, dont certains dans un état jugé critique. Par ailleurs, une personne reste portée disparue.
Les conséquences de l’attaque se mesurent aussi à l’ampleur des déplacements de population. Au total, 5 291 personnes ont fui la zone, trouvant refuge notamment à Saint-Marc, Bokozèl et Marchand-Dessalines. Sur le plan matériel, au moins 23 bâtiments ont été détruits par les flammes, laissant de nombreuses familles sans ressources.
Le rapport met en avant plusieurs facteurs susceptibles d’expliquer cette flambée de violence, notamment des conflits liés au vol de bétail, la récupération d’armes destinées au groupe armé et des rivalités pour le contrôle des axes routiers. Ces derniers représentent un enjeu stratégique pour les gangs, qui y imposent des systèmes de rançonnement.
Concernant la réponse des autorités, le RNDDH se montre particulièrement critique. La Police nationale affirme avoir déployé des véhicules blindés le 29 mars, soit après les premières attaques.
Cependant, cette intervention est jugée tardive et de courte durée. Une opération menée par drone le 6 avril n’aurait pas permis d’obtenir de résultats significatifs.
L’organisation de défense des droits humains va plus loin en dénonçant une absence de prise en charge des victimes. Selon elle, les familles doivent assumer seules les frais médicaux et funéraires. Certains corps demeurent encore dans des morgues à Saint-Marc, faute de moyens pour leur inhumation.
Ronald André
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp

