Jean-Denis (Artibonite), 30 mars 2026.
La PNH évoque une opération sécuritaire maîtrisée
Dans un communiqué publié le 30 mars 2026, la Police nationale d’Haïti indique avoir mené une intervention à Jean-Denis le 29 mars, visant des membres présumés du gang « Gran Grif », basé à Savien.
Selon l’institution policière, des unités déployées depuis Saint-Marc, avec l’appui de la Force de soutien aux groupes (FSG), sont intervenues à la suite d’une attaque armée. Les forces de l’ordre affirment avoir affronté des individus qui tentaient de bloquer la route à l’aide de barricades.
Le bilan provisoire communiqué par la PNH fait état de 16 personnes tuées et d’au moins 10 blessées. La police affirme avoir repris le contrôle de la zone et poursuit des opérations pour retrouver d’éventuels membres du groupe armé.
Des organisations dénoncent un massacre et une crise humanitaire
De leur côté, le Collectif Défenseurs Plus et le « Kolektif pou Sove Latibonit » (KSL/L) présentent un bilan nettement plus lourd.
Selon ces organisations, au moins 70 personnes ont été tuées, plus de 30 blessées et plus de 50 habitations incendiées dans les localités de Jean-Denis et de Pont-Sondé.
Les organisateurs et des autorités locales rapportent également le déplacement de près de 6 000 personnes, contraintes de fuir vers des communes voisines, notamment Marchand-Dessalines, Petite-Rivière de l’Artibonite et Saint-Marc.
Elles qualifient ces violences de « violations graves du droit à la vie et à la sécurité » et dénoncent une réponse jugée insuffisante des autorités face à l’ampleur de la situation.
Des bilans contradictoires
L’écart entre les chiffres avancés par la PNH et ceux des organisations de défense des droits humains est significatif : 16 morts selon la police, contre au moins 70 selon les organisations.
Au-delà du bilan humain, les organisations insistent sur les destructions matérielles et les déplacements de population, des éléments absents du communiqué officiel.
Cette divergence est la preuve des différences dans les méthodes de collecte d’informations. La PNH se concentre sur les résultats de son intervention, tandis que les organisations adoptent une approche plus large intégrant les impacts humanitaires.
Une crise de confiance persistante
Cette situation illustre une problématique récurrente en Haïti : le décalage entre les communications institutionnelles et les rapports des organisations indépendantes.
D’un côté, les autorités mettent en avant la reprise de contrôle et la lutte contre les groupes armés. De l’autre, les défenseurs des droits humains alertent sur la vulnérabilité croissante des populations civiles et l’aggravation de la crise sécuritaire.
Entre urgence sécuritaire et urgence humanitaire
Alors que la PNH affirme que la situation est sous contrôle, les organisations signataires appellent à des mesures urgentes pour protéger les civils, renforcer la réponse humanitaire et lutter contre l’impunité.
Ronald André
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