Certains défis sont aussi vieux que le jour de la création divine : définir la femme, par exemple… Le Quotidien 509, dans son désir d’enrichir le débat public, a été tenté par le désir d’essayer cette tâche assimilable aux douze travaux d’Hercule. Pour vite se rendre à l’évidence que le cœur d’une femme, étant la maison de Dieu, nulle parole ne saurait résumer le divin. Fort de ce constat, par la CHRONIQUE LIRICS, en cette nouvelle sortie de ce dimanche 8 mars 2026, jour consacré à la femme, asseyons-nous plutôt de clamer haut et fort ce qu’elle représente dans nos vies et, plus précisément, mettons en lumière la femme haïtienne en utilisant la plume d’un aîné : Herby WIDMAIER dans « FANM PEYI », une œuvre intemporelle dont la poésie vient d’un cœur épris et admiratif.
N’y allons point par le dos de la cuillère, mettons nos cœurs à nu pour une fois, tout comme l’a si bien fait Herby pour honorer la femme haïtienne, fleur qui ne pousse nulle part ailleurs :
Fanm peyim, se vag nòd ki frapem nan zantray
Fanm peyim, son yanvalou ki fè tanboum sonnen
Fanm peyim se sapoti jaden Bondye
Fanm peyim se yon poulich nan savann libète
…Le li swaf li vin bwe dlo nan sous lanmou…
Malgré les tumultes d’un pays ravagé par tous les maux du monde, l’Haïtienne est une aurore qui ne demande jamais la permission de naître. Elle surgit du ventre de la terre comme une musique ancienne que la violence et l’inhumanité de mes frères n’ont jamais pu faire taire. Dans ses pas, les chemins poussiéreux, dangereux et dénudés de douceur deviennent des promesses. Dans son regard, les nuits les plus alourdies par nos quotidiens infernaux apprennent à abriter l’ivresse de l’oubli, jusqu’à engendrer la vie avec la grâce grave des rivières profondes : silencieuse parfois, mais irrésistible toujours.
L’Haïtienne est le « potomitan » et détient le gouvernail du cœur de l’homme haïtien que l’on croyait indomptable, un yanvalou vivant qui berce et qui réveille à la fois, en abritant tantôt les larmes, tantôt la saveur même du soleil. Elle court à travers les saisons de l’histoire sans jamais plier l’échine, telle un mustang infatigable pour donner sens à la vie. Et quand la soif brûle sa gorge, elle s’incline simplement vers la source éternelle de l’amour pour y boire la force de recommencer.
Acclamons-la au quotidien, car la femme de mon pays est ce miracle discret qui transforme la douleur en lumière. Elle est la main qui relève, la voix qui console, la flamme qui refuse de mourir même lorsque la nuit s’acharne. Les tempêtes passent, les siècles grondent, mais elle demeure droite, fertile et invincible, comme une prière vivante plantée au cœur du monde. Et si Haïti existe encore, c’est peut-être parce que, dans le silence de l’aube, quelque part, une femme continue d’aimer assez fort pour sauver la vie, pour incarner le courage que nous autres n’osons pas ou ne pouvons tout simplement pas incarner.
La femme haïtienne n’a jamais été cette fragilité à protéger. Elle est certes douceur et beauté, mais assez solide pour porter le poids d’une société en lambeaux, dans laquelle le choc de nos ego crée des fissures profondes. Elle tisse notre survie et mérite nos hommages au quotidien… Oui, Dieu ne donne jamais deux peines sans secours. Il nous a certes donné cette réalité infernale, tissée de siècle en siècle, et en guise de secours, il nous a donné l’Haïtienne, la plus belle de ses créations…
Lyrics, en ce 8 mars, souhaite à toutes les femmes haïtiennes le bonheur et la reconnaissance mérités.
Marc Arthur PAUL, @Le Patriote
Chroniqueur socioculturel
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