Port-au-Prince, le 8 Mars 2026. Suite au rapport de la Fondation Je Klere (FJKL), dirigée par Marie Jolene Gilles et Me Samuel Madistin, l’Université Quisqueya (UniQ) confirme avoir reçu trois tranches de 50 millions de gourdes, soit un total de 150 millions de gourdes, de la part du Ministère de l’Économie et des Finances. Ce financement, formalisé par un protocole d’accord signé le 20 mai 2025 à la suite d’une demande de l’Université introduite en décembre 2022, intervient dans un contexte de crise économique et sécuritaire, qui fragilise également l’enseignement supérieur en Haïti.
Dans un communiqué du 8 mars, UniQ précise :
« Ce financement relève d’un dispositif légal et transparent prévu par les mesures incitatives en faveur de l’enseignement supérieur privé et de la recherche, conformément au décret du 11 mars 2020, articles 194 et 195. Il ne s’agit en aucun cas d’un financement personnel du Recteur », a déclaré le Secrétaire général de l’Université.
UniQ explique que la chute des revenus liés aux frais de scolarité — passés d’environ 4,3 millions de dollars à moins de 600 000 — a créé un déficit structurel menaçant la continuité de ses activités académiques. L’effectif étudiant a été réduit de plus de 3 500 en 2018-2019 à un peu plus de 850 l’an dernier, sous l’effet de la baisse des inscriptions, de la dépréciation de la gourde et de l’insécurité dans certains quartiers de Port-au-Prince.
L’Université rappelle son caractère à but non lucratif et d’utilité publique :
« UniQ ne génère ni ne distribue de profits. Elle ne appartient ni à ses fondateurs, ni à son Recteur. Notre mission reste la formation de cadres compétents, la recherche scientifique et le service à la communauté », souligne le communiqué.
Conformément au protocole d’accord, UniQ a transmis plusieurs rapports financiers et narratifs au ministère en juillet, octobre et décembre 2025, et se dit prête à ouvrir un débat public sur la gouvernance et le financement de l’enseignement supérieur, afin de renforcer la stratégie nationale de développement du secteur.
Le rapport de la FJKL, dirigée par Marie Yolène Gilles et Me Samuel Madistin, jette toutefois une ombre controversée sur ce contexte. Il rappelle que Me Madistin fut candidat à la présidence en 2015 lors de la même course électorale que Jacky Lumarque, recteur de l’Université Quisqueya, et mentionne des transactions impliquant des professionnels proches d’anciens candidats en face de Me Madistin, sans fournir de précisions claires, laissant une ambiguïté troublante.
En omettant des explications essentielles, le rapport plonge le public dans une incertitude irresponsable, renforçant les interrogations sur la transparence et l’intégrité des soutiens politiques et éducatifs, ainsi que sur les intérêts de certains organismes de droits humains.
Parallèlement, certaines rumeurs laissent entendre que Jacky Lumarque pourrait être un candidat non déclaré pour les prochaines élections, rappelant les spéculations de 2015 sous la bannière Vérité. Cette information, non confirmée, alimente la confusion et la suspicion autour des acteurs concernés d’autant que des ambassades et même le Binuh déclarent ouvertement soutenir l’Université et des initiatives de M. Lumarque. Un encadrement non trouvé effectivement par l’Université d’Etat d’Haïti.
Pour certains observateurs, le rapport pourrait même viser à court-circuiter d’éventuels candidats aux prochaines élections. Face au récent communiqué de l’Université Quisqueya, plusieurs questions restent posées : la FJKL fournira-t-elle des informations complémentaires ? La population a-t-elle droit à la vérité complète ? Et le Ministère des Finances partagera-t-il les données nécessaires pour protéger la crédibilité des acteurs et de l’État ?
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp


