Dans certaines congrégations, des pasteurs s’arrogent un droit de regard excessif sur les relations amoureuses de leurs membres. Choix du conjoint, fréquentations, séparation, mariage, sexualité : tout semble soumis à validation spirituelle.
Sous couvert de « volonté divine » ou de « révélation », certains leaders religieux imposent leurs préférences personnelles, influencent des décisions majeures et orientent des trajectoires de vie. Cette dérive transforme progressivement l’autorité spirituelle en pouvoir personnel.
Dans plusieurs communautés, on enseigne dès l’enfance que l’amour n’est permis qu’entre deux personnes partageant la même foi. Sortir de ce cadre serait un péché, un acte de désobéissance, un danger pour la spiritualité. Pour beaucoup, aimer cesse d’être un choix personnel pour devenir une obligation religieuse.
Pourtant, l’amour n’a pas de frontière religieuse. Il repose sur le respect, la compréhension et l’affection, non sur un lieu de culte ou une étiquette. Quand la religion cherche à contrôler ce sentiment, elle envahit la vie intime et crée des chaînes invisibles dans le cœur.
Majorie en est un exemple vivant. Élevée par un père pasteur, on lui a toujours répété qu’elle ne devait aimer que quelqu’un de l’église. À 36 ans, elle n’a jamais connu un amour véritable. La peur du jugement et la culpabilité la maintiennent prisonnière entre ce qu’elle ressent et ce qu’on lui a enseigné.
Cette réalité soulève une question essentielle : la religion libère-t-elle ou enferme-t-elle dans la peur ? L’amour n’est pas un péché. Choisir quelqu’un qui nous respecte et nous comprend ne menace pas la foi. Au contraire, c’est l’une des expériences les plus humaines que Dieu ait placées dans le cœur.
Quand la religion interdit l’amour au lieu de le guider avec respect et responsabilité, elle trahit sa mission. L’amour n’a jamais été créé pour être une prison.
De nombreux témoignages font état de pressions psychologiques exercées sur des fidèles :
• interdiction de fréquenter une personne jugée « non spirituelle » ;
• obligation de rompre une relation jugée « impure » ;
• imposition d’un partenaire « recommandé » par l’Église ;
• culpabilisation autour de la sexualité.
Ces pratiques, souvent banalisées, peuvent entraîner des traumatismes émotionnels, des conflits familiaux et une perte d’estime de soi. La foi, censée libérer, devient alors un outil de contrôle.
La majorité des fidèles concernés n’osent pas dénoncer ces abus. La peur d’être rejetés par la communauté, accusés d’impiété ou de rébellion spirituelle, pousse au silence.
Dans certains cas, la dépendance affective et spirituelle vis-à-vis du pasteur renforce cette soumission. Le leader devient alors à la fois guide, juge et décideur, sans véritable mécanisme de contre-pouvoir.
Quand la religion contrôle l’intimité, elle trahit sa mission première.
Jameson Joseph
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