Port-au-Prince, 2 février 2026 – À l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin officielle du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le nom du juge Jean Joseph Lebrun, président de la Cour de cassation et du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), circule avec insistance comme possible président provisoire de la République.
Dans un contexte de fragilité institutionnelle persistante, cette option est présentée par certains acteurs politiques comme une solution constitutionnelle visant à éviter un vide du pouvoir. Toutefois, son émergence dans le débat public vient également reconfigurer les rapports de force en cours.
Contrairement à certaines informations largement relayées sur les réseaux sociaux, Jean Joseph Lebrun n’a, à ce jour, ni accepté formellement ni rejeté catégoriquement l’éventualité d’un intérim à la tête de l’État.
Selon des sources judiciaires citées par Port-au-Prince Post, le magistrat a effectivement reçu dans son bureau l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus ainsi que d’autres acteurs politiques, dans le cadre de consultations informelles. Toutefois, aucune décision institutionnelle n’a été prise à l’issue de ces échanges.
Les mêmes sources démentent formellement les informations affirmant que les juges auraient rejeté en bloc la proposition ou qu’ils seraient contraints de refuser toute implication dans la transition. Elles précisent qu’aucune assemblée de magistrats n’a été convoquée au sein de la Cour de cassation pour débattre de cette question.
L’irruption du nom de Jean Joseph Lebrun dans le débat politique vient également brouiller les stratégies d’une frange influente du secteur privé, engagée depuis plusieurs semaines dans un intense travail de lobbying en faveur d’un schéma de gouvernance bicéphale.
Selon plusieurs sources concordantes, ce courant plaide pour une direction partagée du pouvoir exécutif, articulée autour de Laurent Saint-Cyr et d’une autre personnalité issue du dispositif de transition, tout en marginalisant le scénario constitutionnel centré sur la Cour de cassation.
Cette rivalité discrète prouve les tensions entre logique institutionnelle, intérêts économiques et calculs politiques.
Un autre élément majeur du dossier demeure le silence des principaux partenaires internationaux impliqués dans la transition haïtienne, notamment les États-Unis, la CARICOM, l’ONU et les pays membres du Core Group.
Jusqu’à présent, aucun positionnement public clair n’a été exprimé sur l’éventualité d’une prise de fonction de Jean Joseph Lebrun.
Si certains partis et organisations citoyennes voient dans cette option un retour minimal à l’ordre constitutionnel, d’autres dénoncent un processus jugé opaque et insuffisamment inclusif.
Plusieurs observateurs rappellent également les précédents difficiles, notamment celui de Joseph Mécène Jean-Louis.
À quelques jours de l’échéance du 7 février, entre consultations, lobbying, rumeurs contradictoires et absence de décision officielle, le dossier reste ouvert.
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