Port-au-Prince, le 17 Janvier 2026 — Dans un document acheminé à notre rédaction, l’Observatoire de la Jeunesse Haïtienne (OJH) estime que les trois prochaines semaines seront déterminantes pour éviter une nouvelle déstabilisation politique et sécuritaire en Haïti, à l’approche de l’échéance du 7 février 2026, date théorique de fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Selon l’OJH, la radicalisation des positions entre les principaux protagonistes politiques rend indispensable l’intervention de nouveaux acteurs capables d’initier une médiation crédible, seule voie susceptible de contenir l’escalade des tensions et de restaurer un minimum de confiance institutionnelle.
« Sans consensus, les problèmes majeurs de l’heure, notamment la question sécuritaire, ne pourront être adressés efficacement », souligne le document. L’organisation rappelle que la prolongation de la crise politique alimente directement l’insécurité et contribue à la prudence, voire à la réserve, des partenaires internationaux quant à un engagement renforcé en matière de sécurité.
Pour l’OJH, aucune sortie de crise durable n’est envisageable sans un mécanisme de médiation structuré.
Le document rappelle que cette pratique est récurrente en Haïti depuis plusieurs décennies, avec des résultats inégaux.
En 2012, Religion pour la Paix avait facilité un accord entre l’Exécutif et le Parlement sur la création d’un Collège transitoire du Conseil électoral permanent, avant d’abandonner l’initiative en raison de désaccords avec le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ).
En 2014, la Conférence épiscopale d’Haïti avait piloté le dialogue ayant abouti à l’Accord d’El Rancho, réunissant l’Exécutif, le Parlement et plusieurs partis politiques. Malgré ses limites, cet accord reste, selon l’OJH, l’un des processus de dialogue les plus aboutis conduits par une institution nationale au cours des quinze dernières années.
En 2022, une tentative de médiation informelle menée par Mgr Ogé Beauvoir, Laurent Saint-Cyr et le recteur Jean Robert Charles n’a pas résisté aux tensions politiques.
À l’inverse, fin 2023 et début 2024, sous la facilitation de la CARICOM, l’Accord politique du 3 avril a permis d’éviter un vide institutionnel prolongé à la tête de l’Exécutif. Bien que non publié au Moniteur, ce texte demeure aujourd’hui, selon plusieurs acteurs, la principale base de légitimité des autorités actuelles.
L’OJH souligne par ailleurs que depuis 2021, Religion pour la Paix, longtemps considérée comme l’un des piliers de la médiation nationale, n’est plus active, laissant un vide dans l’architecture de régulation des crises politiques.
À la recherche d’un médiateur crédible
Le document insiste sur la nécessité d’identifier rapidement une institution nationale neutre, disposant de crédibilité, de compétence et de la confiance des parties antagonistes. L’objectif serait de faciliter un consensus entre les principaux acteurs politiques et institutionnels, notamment le CPT, les parties prenantes de l’Accord du 3 avril, la Cour de cassation, le CSPJ, l’OPC, la société civile et les acteurs non alignés.
L’enjeu central est d’encadrer à la fois la gestion de la période précédant le 7 février 2026 et les modalités de gouvernance de l’après-CPT.
Deux scénarios de transition sur la table
Toujours selon l’OJH, deux grandes options dominent actuellement les discussions :
– Le scénario bicéphale, qui prévoirait une direction partagée entre un(e) Président(e) issu(e) de la Cour de cassation, du CSPJ, de l’OPC, des actuels conseillers présidentiels ou de la société civile, et un Premier ministre — actuel ou nouveau — issu d’un consensus politique élargi. Ce schéma pourrait s’accompagner d’un gouvernement technocratique ou resserré.
– Le scénario monocéphale, qui miserait sur le maintien de l’actuel Premier ministre, entouré d’un nouveau gouvernement formé sur la base d’un large consensus politique et social.
Les universités comme piste de médiation
L’OJH avance une autre piste : confier le rôle de médiateur aux universités haïtiennes, perçues comme des espaces relativement neutres, disposant de capital intellectuel, de capacité d’analyse et d’une légitimité morale susceptible de rassurer les différentes parties.
Cette option rejoint certaines démarches en cours. Lors d’une intervention sur Vision 2000, dans une émission animée par la journaliste Marie Lucie Bonne, Mgr Dumas a confirmé que Jacky Lumarque, ancien candidat à la présidence sous la bannière Vérité, a également entrepris des démarches auprès d’universités dans la perspective d’une initiative de médiation.
Une fenêtre étroite avant une zone de turbulence
Pour l’Observatoire de la Jeunesse Haïtienne, la marge de manœuvre est désormais extrêmement réduite. À moins d’un mois de l’échéance du 7 février, aucun signal fort de convergence n’est encore perceptible.
L’Observatoire de la Jeunesse Haïtienne (OJH) a fait partie des structures ayant accompagné l’ancien Premier ministre Garry Conille.
La rédaction
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