Considérer la gouvernance comme un accord politique entre les élus et le peuple impose une évidence : la Constitution en fixe les règles. Elle définit le cadre, les limites, les responsabilités et les garanties de cet engagement collectif. On ne saurait donc s’en affranchir sans conséquence.
Or, depuis des décennies, la gouvernance a été vidée de ce cadre. À force de contournements, de silences et de renoncements, on a fait de la gouvernance une pratique improvisée. Le résultat n’est ni fortuit ni passager. Lorsque l’État fonctionne hors de toute référence constitutionnelle assumée, le chaos cesse d’être une anomalie ; il devient la norme.
Depuis plus de quatre ans, le pays évolue dans un état de fait permanent, gouverné sans boussole, sans horizon constitutionnel clair. L’urgence est devenue méthode, l’exception s’est installée dans la durée, et l’absence de cadre est progressivement acceptée comme un mode de gouvernance ordinaire.
L’année 2026 impose pourtant une clarification de fond : on ne peut continuer à vouloir évoluer, réformer ou se projeter sans Constitution. Il ne s’agit plus de gérer l’urgence ni de prolonger l’état de fait. Il faut prendre les dispositions nécessaires pour en sortir.
Que faire pour un retour effectif au cadre constitutionnel ?
Que doivent faire les responsables politiques ? La question est fondamentale et incontournable.
Mais, que peut faire la citoyenne ou le citoyen ? l’est tout autant.
Car le retour au cadre constitutionnel ne relève pas uniquement de décisions institutionnelles. Il engage aussi une vigilance citoyenne active, consciente et informée. Sans cette exigence portée par les citoyens eux-mêmes, aucune Constitution ne peut être autre chose qu’un texte suspendu, invoqué quand cela arrange, ignoré quand il dérange.
Cette chronique hebdomadaire s’adresse avant tout à l’engagement citoyen. Elle ne se substitue ni à l’action politique ni aux responsabilités institutionnelles. Elle vise à éclairer, questionner et interpeller la citoyenne et le citoyen sur leur rôle dans la sortie de l’état de fait et le retour à un cadre constitutionnel assumé.
Parler vrai sur la Constitution, c’est rappeler une évidence trop souvent éludée : sans cadre constitutionnel respecté, il n’y a ni gouvernance légitime, ni avenir collectif possible. A ce compte, s’est-on assez questionné sur la véritable mission du décret électoral dont le cadre prosaïque répond à certaines exigences tandis que la complexité conjoncturelle impose une approche plus réaliste dans une vision à long terme?
En 2026, le devoir de vigilance citoyenne n’est plus une option. C’est une responsabilité.
Chantal Volcy Céant
Le 5 janvier 2026
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