Chaque 10 décembre, la Journée internationale des droits de l’homme rappelle un principe simple : la dignité, la liberté et l’égalité ne sont pas des récompenses, mais des droits fondamentaux. Pourtant, cette commémoration prend une signification toute particulière lorsqu’on l’observe à travers le prisme haïtien. Là où d’autres nations y voient une célébration ou un moment de réflexion, Haïti y reconnaît surtout le contraste entre l’idéal universel et une réalité fragilisée. Parler de droits humains en Haïti revient aussi à montrer que la dignité n’est plus un droit mais un combat.
Peut-on vraiment parler de droits humains lorsque les conditions minimales pour les exercer ne sont pas assurées ? Cette question résonne fortement dans un pays où les difficultés sociales, économiques et institutionnelles limitent l’accès des citoyens à des services essentiels. Quand la liberté de circuler est restreinte, quand le droit à la santé vacille faute de soins accessibles, quand le droit à l’éducation se heurte à l’insécurité, quand le droit au travail se réduit à une lutte quotidienne, quand le droit au logement s’effondre sous la précarité, quand l’accès à l’eau potable et à l’alimentation relève d’un défi permanent, quand le droit à la culture, au sport, aux loisirs et aux espaces publics disparaît peu à peu, quand même le droit à la tranquillité et au repos est compromis, alors l’exercice des droits fondamentaux perd toute sa substance. Dans ces conditions, parler de dignité devient un combat, et vivre pleinement devient une épreuve.
La Déclaration universelle rappelle que chaque être humain naît libre et doté de droits inaliénables. Mais encore faut-il que les structures chargées de les protéger soient en mesure de fonctionner. En Haïti, la fragilité des institutions, la crise prolongée et les inégalités croissantes mettent en lumière un écart préoccupant : celui entre l’énoncé des droits et leur application concrète.
Cette journée devrait être un rappel mondial de l’importance de la démocratie, de la justice et de la sécurité. En Haïti, elle agit plutôt comme un révélateur : tant que la dignité d’une grande partie de la population reste menacée, parler de droits humains revient à évoquer un horizon plus qu’une réalité.
Pourtant, cet horizon demeure essentiel. Renforcer les institutions, garantir l’accès aux services de base et redonner confiance aux citoyens constituent les premières étapes vers une société où droits et devoirs pourront réellement avancer ensemble. La dignité n’est pas un luxe ; elle est le fondement de toute vie libre et juste.
Jameson Joseph
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