Haïti a réussi l’exploit : la sélection nationale masculine s’est qualifiée pour la Coupe du monde, une première depuis l’épopée de 1974. Une performance historique célébrée dans tout le pays et au sein de la diaspora, mais qui risque de se dérouler devant des gradins partiellement privés de voix haïtiennes.
En cause, les restrictions de voyage imposées par l’administration de Donald Trump. En juin, le président américain a signé un décret interdisant l’entrée aux États-Unis aux ressortissants de 12 pays, dont Haïti, au nom de la « sécurité nationale » et de la lutte contre le dépassement de visa. Cette décision frappe indistinctement les demandeurs de visas d’immigration et de non-immigration.
Selon les indications actuelles du Département d’État, seuls les membres de la diaspora haïtienne déjà établis à l’étranger et les détenteurs de visas américains valides pourraient être autorisés à assister aux matchs. Pour les citoyens résidant en Haïti, les possibilités restent extrêmement limitées, voire inexistantes.
Les autorités américaines précisent que les demandes de visas peuvent toujours être déposées, mais préviennent que les candidats pourraient être jugés « inéligibles à la délivrance d’un visa ou à l’admission sur le territoire américain ». Quant à l’exception prévue pour les déplacements jugés conformes à « l’intérêt national des États-Unis », elle devrait rester « très rare », selon Politico.
La situation ne concerne pas uniquement Haïti. Des membres de la diaspora haïtienne vivant au Canada hésitent également à se rendre aux États-Unis pour suivre la compétition. En toile de fond, la tension commerciale et politique croissante entre Washington et Ottawa, alimentée par les politiques protectionnistes de l’administration Trump, suscite des craintes quant aux contrôles frontaliers et au climat général d’accueil.
Certains redoutent des complications administratives, des refus d’entrée ou un durcissement arbitraire aux postes-frontières, même pour des personnes en situation régulière.
Dans la tradition de la Coupe du monde, les pays hôtes assouplissent généralement leurs procédures afin de permettre aux supporters étrangers de soutenir leur équipe. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait pourtant affirmé que « les fans du monde entier seront les bienvenus », un message aujourd’hui en porte-à-faux avec la réalité politique américaine.
Pendant ce temps, Haïti continue de faire face à une grave crise sécuritaire et humanitaire, marquée par la prolifération des gangs armés, l’instabilité politique et l’effondrement progressif des institutions. L’équipe nationale est d’ailleurs contrainte de disputer ses matchs « à domicile » en dehors du territoire national.
Face à ce blocage, une question demeure : le ministère des Affaires étrangères et les relais diplomatiques haïtiens peuvent-ils négocier une dérogation spéciale pour la Coupe du monde ?
Cherline Ades
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