Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, le 30 septembre 2025, la résolution 2793 autorisant le déploiement d’une nouvelle force internationale baptisée « Gang Suppression Force » pour lutter contre la criminalité en Haïti. Le texte a obtenu 12 voix favorables et 3 abstentions, dont celles de la Chine et la Russie, deux membres permanents qui ont choisi de ne pas bloquer l’initiative mais ont exprimé de sérieuses réserves.
Les critiques de la Chine : prudence et scepticisme
L’ambassadeur chinois à l’ONU, Fu Cong, a expliqué que Pékin, « compte tenu de la situation désastreuse en Haïti », n’avait pas utilisé son droit de veto. Cependant, il a insisté sur le fait que la Chine conserve des doutes importants sur l’opérationnalité de la mission. Pékin a notamment mis en avant le manque de clarté sur les financements garantis, le périmètre exact des règles d’engagement, et les mécanismes de supervision et de transparence. La Chine a rappelé que, lors de précédentes interventions, les promesses de soutien financier n’avaient pas toujours été tenues, compromettant l’efficacité des opérations.
La position russe : méfiance et mise en garde
De son côté, le représentant russe Vassily Nebenzia a qualifié cette mission d’« aventure dangereuse », estimant qu’elle repose sur des bases fragiles et qu’aucune évaluation sérieuse n’a été réalisée sur les résultats de la mission multinationale de soutien (MSS) avant de la remplacer. Moscou souligne également le risque que le mandat de la nouvelle force soit interprété de manière trop large, permettant des interventions allant au-delà de la lutte contre les gangs. La Russie s’inquiète par ailleurs de l’absence de garanties financières solides et du faible engagement effectif des États contributeurs.
Abstention stratégique et implications
En s’abstenant, Pékin et Moscou ont envoyé un signal clair : ils ne s’opposent pas à l’assistance internationale en Haïti, mais refusent de cautionner une mission qu’ils jugent mal préparée. Leur attitude traduit un désaccord prudent mais non bloquant. Contrairement à un veto, l’abstention leur permet de préserver leur position de principe – défense de la souveraineté nationale, prudence face aux interventions armées et rejet des opérations mal financées – tout en évitant d’être accusés de freiner l’aide à Haïti.
Un défi supplémentaire pour la mission
Ces réserves risquent de peser sur la légitimité et l’efficacité de la nouvelle force, qui devra démontrer sa capacité à agir dans le respect des normes internationales, avec des financements pérennes et un encadrement clair. La résolution 2793 ouvre la voie à un soutien international plus robuste à Haïti, mais la méfiance de deux puissances majeures rappelle qu’aucune solution durable ne sera possible sans transparence, supervision et engagement réel de la communauté internationale.
Abstention stratégique et message de bonne volonté
En s’abstenant, la Chine et la Russie ont voulu montrer une attitude constructive, sans bloquer l’aide internationale. Les deux puissances ont insisté sur la nécessité d’un encadrement strict, d’une supervision financière solide et d’un plan d’action détaillé. Leur abstention est un signal fort : elles soutiennent l’aide à Haïti mais restent vigilantes face à toute mission mal préparée ou trop étendue.
Perspectives pour Haïti
Selon Pékin et Moscou, c’est au peuple haïtien de reprendre la responsabilité de sa sécurité et de son développement. Une opinion partagée par des observateurs internationaux, dont un ancien Secrétaire du Cabinet (CS) chargé du Service public du président kényan Ruto, qui a critiqué l’implication des États-Unis dans la crise haïtienne.
En effet, Moses Kuria a salué la résolution, estimant qu’elle devrait mettre fin à la mission kenyane et à cette mésaventure. Le 1er octobre dernier, il a appelé l’Inspecteur général à déployer les forces de retour dans les rues de Nairobi. De plus, le 23 Septembre sur X, il a déclaré que l’admission par l’administration Trump, lors de la session extraordinaire de l’ONU sur Haïti, que le MSS ne disposait pas d’un mandat large soutenu par une résolution ferme, n’était que la partie émergée de l’iceberg.
Selon lui, l’ambassadrice américaine Meg Whitman a dirigé le Kenya pendant deux ans, et la « mésaventure haïtienne » faisait partie des nombreuses décisions personnelles qu’elle a prises, laissant Anthony Blinken en difficulté et le Kenya payera pendant longtemps le prix du « terrible règne de terreur ». Il a conclu en rendant hommage à Benedict Kabiru et à ses deux camarades tombés au combat.
La résolution 2793 ouvre la voie à un soutien international, mais son succès dépendra de la clarté du mandat, de la transparence des financements et de la coopération effective avec les autorités haïtiennes.
La rédaction
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