Port-au-Prince, 23 septembre 2025 – La tension monte au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Dans un mémo adressé à ses pairs, Fritz Alphonse Jean, ancien coordinateur du Conseil, dresse un bilan sévère de la gestion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé face à la crise sécuritaire.
Mais l’ex-coordinateur du CPT, qui a dirigé l’instance pendant cinq mois avant de céder la place à Laurent Saint-Cyr, n’échappe pas lui-même aux critiques : sous son influence, la Police nationale d’Haïti (PNH), dirigée alors par Rameau Normil, n’a pas non plus réussi à enrayer l’emprise des gangs armés.
Le conseiller-président reproche aujourd’hui au chef du gouvernement de ne pas répondre aux multiples correspondances et demandes d’éclaircissements sur les mesures adoptées contre l’insécurité. « Toutes les demandes d’information sont restées sans réponse », déplore-t-il, alors que les enlèvements reprennent de l’ampleur et que les gangs armés continuent de « perpétrer des crimes odieux » dans l’Ouest, le Centre et l’Artibonite.
Le récent massacre de Cabaret, où plusieurs dizaines de personnes ont perdu la vie, symbolise, selon lui, l’échec du gouvernement. Fritz Alphonse Jean cite également le drame de la famille Lalane, « qui en une seule nuit a perdu trois fils, trois braves mécaniciens », et évoque les habitants de Liancourt « qui ont perdu vies et biens ».
L’usage croissant de drones explosifs inquiète particulièrement le conseiller-président : « Des explosifs transportés par drone ont causé la mort de huit enfants », rappelle-t-il, mentionnant également la mort récente de deux policiers d’unités spéciales et les blessures graves de quatre autres. « C’en est trop ! », martèle-t-il dans son mémo.
Pour Fritz Alphonse Jean, l’inaction du Premier ministre Fils-Aimé est manifeste. « Le Premier ministre pense qu’il n’a de compte à rendre à personne, ni au CPT, ni à la Nation », accuse-t-il, soulignant que « le support trouvé a été incapable d’empêcher les bandits de s’emparer d’autres territoires » et qu’aucun « bandit notoire n’a été ni neutralisé ni appréhendé ».
Le conseiller-président dénonce en outre l’absence du support aérien promis à la Police nationale d’Haïti (PNH) et la faiblesse des résultats obtenus par les experts étrangers recrutés par l’État : « Entre temps, la population meurt sous les drones et les experts retenus, soutenus par le Premier ministre, continuent à encaisser de l’argent sans qu’ils n’aient obtenu les résultats sur lesquels ils s’étaient engagés. »
Dans un passage particulièrement virulent, Fritz Alphonse Jean parle de « mauvaise foi », d’« incompétence » et de « négligence criminelle ». Il estime également que le système judiciaire, sous la conduite du Premier ministre, « n’envoie aucun signal clair qu’il est animé par la volonté de combattre la criminalité ».
Enfin, il interpelle directement ses pairs du CPT sur leur responsabilité politique : « Qui, au sein du CPT, veut continuer à supporter le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé dans ce bain de sang et ainsi accélérer la descente de la population haïtienne aux enfers ? »
Fritz Alphonse Jean, qui vient de passer cinq mois à la tête du CPT, a récemment remis le pouvoir à Laurent Saint-Cyr. L’ancien directeur général de la Police nationale d’Haïti, Rameau Normil, également sous son influence, était en fonction depuis le début de la transition jusqu’au 8 août 2025, date à laquelle il a été remplacé par Vladimir Paraison.
La rédaction
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