Le mandat de Laurent Saint-Cyr, en poste du 7 août 2025 au 7 février 2026, est désormais entamé à hauteur de 20,7 %. Au 14 septembre 2025, 38 jours se sont écoulés, laissant 146 jours avant son échéance.
Pour l’heure, aucun membre officiel de son équipe présidentielle, à l’exception de Raina Forbin, n’a été révélé. Celle-ci contrôle pour le secteur privé les ministères du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme. Ces ministères peinent toutefois à produire des résultats tangibles.
Dans le secteur du tourisme, le bilan est négatif : les compagnies aériennes américaines n’ont toujours pas accès à l’espace aérien haïtien. Sunrise Airways, seul opérateur local majeur, demeure incapable de satisfaire la clientèle malgré les avantages et privilèges accordés par l’État Haïtien à cette compagnie. Les compagnies de croisière prolongent l’annulation de leurs contrats. Les détritus, immondices et la malpropreté s’accumulent devant les principaux hôtels et aéroports du pays.
Du côté du Commerce, bien que le ministre soit très visible dans les activités sociales et politiques, l’impact réel sur les professionnels et investisseurs reste limité. Le secteur privé ne semble pas aligné avec les ministères qu’il est censé influencer, accentuant le déphasage entre discours et résultats.
Que fait concrètement le secteur privé dans le pouvoir autour de Laurent Saint-Cyr ? Qui sont ses conseillers ? Le secteur privé parle-t-il aujourd’hui d’une seule voix ? Pourquoi les hommes et les femmes d’affaires ne s’affichent-ils pas avec plus de transparence ? Le passé et les attaches professionnelles de Laurent Saint-Cyr avec ses anciens employeurs dérangent-ils ou s’agit-il d’une stratégie assumée et améliorée ? Parle-t-il d’une seule voix avec le Premier ministre ou observe-t-on des nuances entre leurs positions ?
Le parcours de Laurent Saint-Cyr
Laurent Saint-Cyr a débuté sa carrière sur les comptes officiels de la Alternative Insurance Company (AIC) propriété du groupe Olivier Barrau et consorts. Il est considéré comme proche du magnat de la Banque de l’Union Haïtienne et de la compagnie d’assurance Alternative Assurance et Compagnie. Olivier Barrau, figure controversée, a dû démissionner de l’Institut Macaya pour se présenter aux prochaines élections, dit-on. L’Institut Macaya a également signé, le 3 août 2025, un contrat de lobbying avec la firme américaine Encounter Strategies pour promouvoir un « Haiti Action Plan » auprès des décideurs américains, visant à soutenir un programme de stabilisation et de croissance en Haïti; comme si ses protagonistes venaient de prendre goût à la gestion de la politique haïtienne!
A l’AGNU80
Du 22 au 30 septembre, à l’occasion de l’AGNU80 à New York, Laurent Saint-Cyr devra s’adresser à la tribune des Nations unies dans un contexte délicat : alors qu’il peine encore à présenter son équipe en Haïti et que les résultats de son mandat restent limités, il lui faudra convaincre la communauté internationale de sa capacité et de celle de son secteur à stabiliser le pays, relancer l’économie et instaurer un dialogue constructif avec les partenaires étrangers, tout en réaffirmant le rôle du Conseil Présidentiel de Transition comme moteur d’action concrète et crédible. Mais le secteur privé actuel peine aussi à convaincre dans ses démarches.
Le rôle du secteur privé dans la diplomatie
Le ministre dominicain des Affaires étrangères, Roberto Álvarez, a récemment reçu une délégation d’entrepreneurs haïtiens comprenant Martine Cuvilly (présidente de la Chambre de Commerce de l’Ouest), Dave Coles (Conseil de l’Association des Industries), Jean-Paul Faubert (directeur exécutif de l’Institut Macaya), Martine Deverson (ex-ministre du Tourisme) et Bernard Craan (président de Sofihdes et ancien président de la Chambre de Commerce). La réunion s’est tenue en présence du vice-ministre Hugo Rivera, chargé des Affaires économiques et de la coopération internationale.
Qui est l’Institut Macaya ?
Sur son site, l’Institut Macaya ne divulgue pas ses membres mais prône « une transparence totale dans la gestion publique et économique » pour favoriser une concurrence saine et loyale. Il se présente comme « catalyseur de la transformation d’Haïti », visant à mettre fin au cycle de crises, reconstruire la nation de l’intérieur et inspirer la jeunesse. À croire qu’enfin ils veulent mettre bas les armes
Sa « Vision 2050 » mise sur l’usage stratégique des technologies pour rattraper les retards structurels en éducation, santé et productivité agricole, tout en promouvant une croissance durable et résiliente. L’institut souligne également l’importance d’un dialogue structuré avec les États-Unis, la République dominicaine et la CARICOM pour des partenariats plus équilibrés et productifs. Haïti aurait donc enfin trouvé de quoi constituer une vraie élite politique pourvu de tout mais souhaitons qu’elle se démarque des oligarques corrompus qui ont toujours revendiqué les rênes du pouvoir en dehors des responsabilités vis-à-vis du peuple haïtien et des orphelins trop nombreux de la gouvernance.
Signalons pour preuve: Alors que le gouvernement haïtien refuse encore tout dialogue officiel avec la République dominicaine pour apaiser les tensions, le secteur privé prend clairement la main. Pourquoi se tient-il dans l’ombre de Laurent Saint-Cyr ? L’influence d’Olivier Barreau est-elle problématique ou s’agit-il d’une stratégie calculée ? Ces zones d’ombre renforcent le sentiment d’opacité autour de la gouvernance actuelle et alimentent les critiques sur le leadership de l’actuel président du CPT qui semble se réfugier dans un immobilisme et un silence assourdissant.
Monsieur le Président LE TEMPS N’ATTEND PAS.
La rédaction
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp

