Le 9 septembre 2025, une femme haïtienne de 36 ans est morte au centre de détention de Haina – Gedilia Lonzandieu, – une mort de plus dans la longue litanie de souffrances dont subissent les migrants haïtiens en République dominicaine. Ce décès, comme tant d’autres, a été accueilli dans un silence assourdissant. La diplomatie haïtienne, l’Ambassade à Saint-Domingue, le Ministère des Affaires Étrangères une institution totalement étrangère aux affaires du pays. La Transition et ses privilégiés … tous détournent le regard. Comme si ces morts, ces souffrances, étaient invisibles ou n’appellent que l’indifférence.
Des chiffres qui terrifient
Selon les médias Dominicains, les autorités de ce pays ont expulsé plus de 119 000 Haïtiens en 2025 alors qu’il reste encore 3 mois et 3 semaines pour fermer l’année, soit déjà une augmentation de 71 % par rapport à 2024.
Le plan annoncé en octobre 2024 visait à expulser jusqu’à 10 000 Haïtiens par semaine. Des mères en plein travail ou venant d’accoucher sont arrêtées et expulsées, parfois séparées de leurs enfants. Une politique implacable et inhumaine dénoncée même par les médias et les citoyens Dominicains. Ces opérations s’accompagnent de percées dans les bateyes, les boîtes de nuit, les communautés de travailleurs haïtiens, où les rafles sont qualifiées de véritables “chasse aux Haïtiens”, comme le décrit le média The Guardian.
Des morts qui crient, mais personne n’entend ni ne répond
Le centre de détention de Haina — lieu d’enfermement, de dégoût, de mort — continue de s’emplir de vies brisées. Amnesty international et plusieurs organisations de droits Humains continuent à dénoncer les conditions de détention et de transportation des déportés.
Et malgré ces tragédies, l’Ambassade d’Haïti demeure muette. L’Ambassadeur Fritz Longchamps, affaibli, épuisé, silencieux. Le Ministère des Affaires étrangères à Port-au-Prince, englué dans son indifférence. L’ensemble des autorités de la transition haïtienne reste absent. Non par incapacité, disaient-ils ; non par manque de temps : mais parce qu’ils ne sont pas concernés. Ces migrants ne sont pas “leurs” morts.
Une honte nationale.
Comment expliquer qu’une employée du Parlement haïtien ait été violée la semaine dernière, un acte atroce dénoncé par des ONG telles que la Fondation Zile et Gardien Citoyen, et que cela ne provoque aucune réaction publique ou protection effective ? Comment se fait-il que, le lendemain, un autre décès soit signalé à Haina, fit l’objet d’une condamnation publique ? Rien. Silence. Radio. Le mépris s’affiche dans cet abandon institutionnel.
Chaque jour, des compatriotes patientent dans une file d’attente humiliante, nauséabonde et crasseuse devant l’Ambassade, dans un pays de plus en plus hostile, sans accompagnement digne de leur situation. Loin d’être une maison de refuge, l’institution diplomatique se transforme en un lieu de frustration.
“Yo pa moun” — ils ne sont pas des gens
Ce n’est pas qu’une formule choc : c’est une réalité. Ces êtres déportés, enfermés, violés, morts, ne sont pas des Haïtiens dignes d’être défendus aux yeux de ceux qui dirigent aujourd’hui. Leur dignité, leurs droits, leurs vies valent moins qu’un communiqué de presse — que le gouvernement et la diplomatie haïtienne refusent de consommer. Où est donc passé l’OPC qui devrait être l’Office de la Protection du Citoyen.
Un appel à l’urgence
Il est temps de demander des comptes. A l’Ambassadeur Fritz Longchamps, au Conseil Présidentiel de Transition dirigé par Laurent St-Cyr, à Harvel Jean-Baptiste, Ministre des Affaires étrangères. Pourquoi la mort et les mauvais traitements infligés aux ressortissants haïtiens s’apparentent-ils à la banalisation de la vie et sont sans importance pour les dirigeants haïtiens.
L’histoire vous jugera tous.
Ces compatriotes méritent plus que l’indifférence. Car ne rien faire, c’est les tuer une fois de plus.
Brigitte Benshow
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