La réunion de haut niveau organisée par l’Organisation des États Américains (OEA) autour de la « feuille de route pour la Paix et la Stabilité en Haïti » s’est tenue le jeudi 28 août 2025, en présence du ministre haïtien des Affaires étrangères Harvel Jean-Baptiste et d’une délégation de responsables haïtiens. Aux côtés d’experts de l’OEA, les discussions ont porté sur les priorités de stabilisation sécuritaire, de gouvernance, de consensus politique, de processus électoral, ainsi que sur la réponse humanitaire et le développement économique a informé le Secrétariat Général de l’OEA.
La veille déjà, l’OEA avait accueilli le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, qui avait officiellement entériné le projet de feuille de route proposé par l’organisation. Cette étape préparatoire a ouvert la voie à la rencontre ministérielle destinée à préciser les engagements concrets et les mécanismes de suivi.
Dans les clichés officiels publiés par l’OEA, notre rédaction a pu identifier notamment : le ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Métellus, la représentante d’Haïti auprès de l’OEA, Myrtha Désulmé, Josué Dahomey, le président du CEP Patrick Saint-Hilaire, l’expert électoral Bengel Victor, ainsi que Raïna Forbin, cheffe de cabinet de Laurent Saint-Cyr.
Une délégation sous tension
Au-delà des discours officiels, les gestuelles et postures de la délégation haïtienne ont retenu l’attention. Plusieurs membres apparaissaient tendus, le regard figé, parfois en retrait, traduisant une certaine gêne dans un espace diplomatique qui exige pourtant assurance et cohésion. Des déplacements du côté haïtien ont renforcé l’impression de flottement et de désorganisation.
Un diplomate, casque audio vissé aux oreilles, observait la salle d’un air fermé, semblant davantage sur la défensive que dans l’écoute active. D’autres, stylo en main, affichaient une attitude studieuse. Mais dans l’ensemble, l’image projetée était celle d’un bloc fragmenté, où chacun semblait davantage préoccupé par sa propre posture que par une stratégie collective.
Face à eux, les représentants de l’OEA projetaient sérénité et cohésion, écoutant, échangeant et souriant. Ce contraste illustre la crise de confiance qui mine la scène politique haïtienne : même à l’international, ses représentants peinent à afficher une image unifiée, indispensable pour inspirer crédibilité et soutien.
Cette réunion marque néanmoins une étape clé dans la construction de la feuille de route. Mais elle met aussi en lumière un défi plus profond : comment transformer l’incertitude et la méfiance qui transparaissent jusque dans les gestes diplomatiques, en une énergie collective et constructive ?
A titre de rappel, la feuille de route de l’OEA se base sur cinq piliers :
Cinq piliers stratégiques
- Stabilisation de la sécurité et rétablissement de la paix
- Court terme : corridors sûrs, protection des infrastructures critiques, contrôle des territoires dominés par les gangs.
- Moyen/long terme : reconstruction de la Police nationale, réforme judiciaire, démantèlement des économies criminelles.
- Coût estimé : 1,336 milliard USD.
- Consensus politique et gouvernance
- Dialogue inclusif sur les accords de gouvernance et le projet de Constitution.
- Soutien au Conseil présidentiel de transition jusqu’en février 2026.
- Coût estimé : 8 millions USD.
- Processus électoral et légitimité institutionnelle
- Organisation d’élections libres, transparentes et justes.
- Renforcement du CEP et de l’ONI ; participation inclusive.
- Coût estimé : 104,1 millions USD.
- Réponse humanitaire
- Accès à la sécurité alimentaire, à l’eau et à l’assainissement, à la santé, à l’éducation et au logement.
- Intégration de l’aide humanitaire avec la résilience communautaire.
- Coût estimé : 908,2 millions USD.
- Développement durable et progrès économique
- Rétablissement des services de base, soutien au développement rural et création d’emplois.
- Appui à l’agriculture résiliente, aux PME, aux infrastructures et à la protection sociale.
- Coût estimé : 256,1 millions USD.
Gouvernance et coordination de la feuille de route
- Un groupe coordonnateur rassemblant le gouvernement haïtien, l’OEA, la CARICOM, l’ONU et d’autres partenaires.
- Un Représentant spécial de l’OEA chargé de la coordination avec les bailleurs et les autorités haïtiennes.
- Un panel de suivi pour garantir transparence, contrôle et alignement avec les engagements financiers.
👉 Budget total estimé : 2,6 milliards USD.
La rédaction
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