C’est dans une ambiance mêlant souffrance, colère et consternation que les proches du jeune écolier finissant du Collège Canado-Haïtien, Wanderson Zamy, 19 ans, lui ont rendu un dernier hommage ce mercredi lors d’émouvantes funérailles à l’église Saint-Pierre de Pétion-Ville, pleine à craquer.
C’est le révérend Arsène Jasmin, curé de la paroisse du Sacré-Cœur de Turgeau que fréquentait le défunt, qui a dirigé la cérémonie.
Dans son homélie de circonstance, il a évoqué la mort violente d’un jeune plein de talent, d’une belle promesse partie bien trop tôt dans un pays où la vie des citoyens ne compte pas pour plus qu’un.
Il dit souhaiter que le sang de Wanderson Zamy fasse comprendre aux autorités que le temps est venu d’en finir avec le règne de la terreur et de l’impunité.
Émue et les yeux pleins de larmes, la sœur de la victime a présenté son frère, arraché brutalement à l’affection des siens, comme un conseiller, un protecteur, une source de joie pour la famille.
Il souhaitait représenter Haïti à travers le monde (c’était un basketteur plein de talent, ndlr) qu’une balle a emporté avec ses rêves et ses projets. « Ils ont détruit les espoirs que la famille avait placés en lui », se désole-t-elle.
Le porte-parole de l’Association des parents d’élèves d’Haïti (ASPEDH), Fedner Confident, a déploré le fait que le ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle n’ait pas été représenté à la cérémonie. Aucun communiqué sur le sort de l’agent qui a tiré.
C’est comme si la vie de Wanderson Zamy, un jeune de 19 ans tué devant le bureau central du MENFP, ne valait rien aux yeux des autorités éducatives, déplore le syndicaliste.
Plusieurs proches, camarades et amis du défunt ont assisté à la cérémonie. Certains d’entre eux estiment que Wanderson Zamy a été tué à cause de l’insouciance des autorités éducatives.
En effet, le jeune homme a rendu l’âme après avoir été blessé par balle devant le ministère de l’Éducation nationale en marge d’une protestation des étudiants stagiaires qui réclamaient leurs lettres de nomination.
Pour disperser les protestataires, environ une dizaine selon le MENFP, les agents de sécurité avaient décidé de faire usage de leurs armes à feu. Ils sont accusés d’avoir tiré à hauteur d’homme et c’est ainsi que Zamy a été touché. Silence radio au niveau des porsuites judiciaires. L’impunité demeure.
Le ministère a annoncé la mise à l’écart provisoire de 15 agents de sécurité en attendant les conclusions de l’enquête ouverte autour de ce drame. Personne n’a été appréhendée.
La rédaction
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