Port-au-Prince, 26 août 2025 – Alors que le Premier ministre Alix D. Fils-Aimé s’envole pour les États-Unis pour participer à une réunion tripartite ONU/CARICOM-EPG/OEA, le secrétaire général élu de l’OEA, Albert Ramdin, a déjà rencontré plusieurs think tanks à Washington, D.C., ce mardi. L’objectif : discuter de la feuille de route de l’OEA pour la paix et la stabilité en Haïti, indépendamment du déplacement officiel du chef du gouvernement haïtien.
Selon M. Ramdin, ces échanges ont permis de recueillir des analyses et retours constructifs, tout en réaffirmant l’importance d’une approche coordonnée et dirigée par les Haïtiens. Il a également été question du financement du projet, évalué à 2,6 milliards de dollars, destiné à soutenir la sécurité, la stabilité politique et le développement socio-économique du pays.
Dans le document intitulé ; « Vers une feuille de route dirigée par Haiti et pour la Stabilité et le Paix avec un soutien Régional et International » on lit que « cette feuille de route privilégie l’appropriation par les Haïtiens et adopte une approche qui trouve l’équilibre entre les besoins urgents et les réformes à long terme en mobilisant les avantages comparatifs de l’OEA, de la CARICOM, de l’ONU, des agences du système interaméricain et des autres partenaires, dans un cadre de gouvernance unifié et avec le soutien politique des pays de la région. La présente feuille de route propose de structurer un mécanisme de coordination pour le soutien fourni à Haïti par la communauté internationale, ancré dans les mandats de l’OEA. Ce mécanisme identifiera et intégrera les diagnostics existants, les évaluations de référence et les plans opérationnels déjà élaborés par les institutions haïtiennes, l’ONU et d’autres acteurs, garantissant ainsi que les nouvelles interventions soient fondées sur des preuves et sur les besoins réels. Haiti-feuille de route-OEA-18 de agosto
Le document insiste sur l’appropriation par les Haïtiens et la nécessité de coordonner les efforts internationaux autour de cinq piliers :
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Stabilisation de la sécurité
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Consensus politique
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Légitimité électorale
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Réponse humanitaire
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Développement durable
Cependant, plusieurs acteurs haïtiens dénoncent leur absence de participation pleine dans l’élaboration du document, soulevant des interrogations sur sa légitimité et son efficacité sur le terrain.
La feuille de route rappelle que le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT) prendra fin le 7 février 2026, soulignant l’urgence d’organiser une transition politique claire avant cette échéance. Sans cela, Haïti pourrait se retrouver dans un vide politique, aggravant les défis sécuritaires et humanitaires.

La feuille de route de l’OEA rappelle l’ampleur de la crise en Haïti :
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Les gangs armés contrôlent environ 90 % de Port-au-Prince, alimentant des violences quotidiennes.
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En 2024, ces violences ont fait plus de 5 600 morts.
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Haïti compte environ 1,3 million de personnes déplacées internes, soit 1 % des déplacés dans le monde, avec 25 % d’enfants.
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Les violences sexuelles et sexistes sont utilisées comme outil systématique d’intimidation.
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Près de 4,7 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë, plus de 60 % de la population n’a pas accès à de l’eau potable, et moins de 30 % ont accès à des services de santé de base.
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Environ 2 millions d’enfants sont déscolarisés, et 300 établissements scolaires ont été détruits.
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Le chômage dépasse 40 %, l’inflation 25 %, et près de 40 % de la population vit avec moins de 2,15 dollars par jour.
Pour que la transition réussisse, elle devra assurer la participation réelle d’un large éventail d’acteurs haïtiens, tout en coordonnant les interventions internationales pour stabiliser le pays.
La rédaction
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