L’ancien coordonnateur du Conseil présidentiel de transition et chargé des questions économiques au CPT, Fritz A. Jean, affirme ignorer tout du contrat pour le recrutement d’une firme privée chargé d’augmenter la perception des recettes à la frontière entre Haïti et la République dominicaine.
Dans une note rendue publique le lundi 18 Août, l’ancien gouverneur de la Banque centrale, qui fait partie d’une frange minoritaire au CPT, dénonce l’existence de ce contrat qui, selon lui, empiéterait potentiellement sur la souveraineté de l’État dans les domaines de l’immigration et de la perception des recettes douanières.
Il évoque un contrat liant l’État haïtien à une firme dénommée Evergreen Trading System Limited. Cependant, le contrat n’est pas encore signé et le dossier d’appel d’offres est au stade d’être soumis à la CNMP (Commission nationale des marchés publics) et à la CSC/CA (Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif) pour approbation et avis.
Fritz Jean, dans sa tentative de discréditer cette démarche, affirme avoir cherché en vain les traces d’une telle entreprise spécialisée dans le domaine de la sécurité nationale et du contrôle des frontières, des ports et des aéroports.
Ce programme, écrit-il, vise à doter Haïti, à travers ses services douaniers, de police et d’immigration, d’un système intégré et moderne pour renforcer la sécurité publique, lutter contre la contrebande et le commerce illicite, et améliorer la collecte des recettes fiscales.
Les services offerts consisteraient à rénover les infrastructures existantes et moderniser les services douaniers et de police. L’État haïtien prendra en charge les frais de mobilisation pour un montant de 14,5 millions de dollars US, et la firme sera rémunérée à travers deux types de redevances :
- Une première, liée à la performance, équivalente à 20 % de l’augmentation des recettes douanières pour les trois premières années d’exploitation, puis 15 % pour les sept années suivantes.
- Une seconde, fixe (3 %) sur le volume des importations, indépendamment des performances réalisées.
Fritz Jean demande que ce dossier soit porté à l’ordre du jour du prochain Conseil des ministres et, qu’à cette occasion, tous ses porteurs puissent « se vider les mains ». Il rappelle que, dans le sillage du scandale PetroCaribe, le peuple est en droit d’être informé afin qu’il puisse recommencer à croire dans la probité de ceux qui prétendent le diriger et veiller à son intérêt.
Des questions se posent quant aux intentions du conseiller-président, dont on dit qu’il ne souhaitait pas céder, comme convenu, la présidence tournante du CPT à Laurent Saint-Cyr. Il aurait même menacé de quitter l’institution.
Mais sa communication est claire : il dénonce ce contrat et affirme n’avoir jamais été mis au courant des démarches devant conduire à sa signature.
La rédaction
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