Port-au-Prince, 7 août 2025 – L’homme d’affaires Laurent Saint-Cyr a officiellement pris les rênes du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), devenant le nouveau coordonnateur de cette instance chargée de conduire le pays vers les élections. Issu du secteur privé, il est l’un des signataires de l’accord du 3 avril 2024, base légale de la présidence collégiale actuelle, et également de l’accord du 21 décembre 2022, qui avait donné naissance au Haut Conseil de Transition (HCT) aux côtés de Myrlande Manigat.
Aujourd’hui, c’est à lui qu’échoit la lourde responsabilité de relancer le pays et de mener à bien l’organisation des prochaines élections dans un climat de méfiance, de violence, et de paralysie institutionnelle.
Un ton ferme et un appel à l’action
Dans son discours inaugural, Laurent Saint-Cyr a opté pour un ton direct, sans détour, témoignant de l’urgence du moment :
« Bagay lan mangonmen. Se pa moman pou nou fè bèl diskou ankò. Fòk nou poze aksyon. Twòp san koule, twòp tan pèdi. »
Il dit assumer cette mission avec « imilite, detèminasyon ak sans patriyotik », appelant à l’unité nationale face à une crise multiforme.
« Lavi ak lavni plis pase 12 milyon fanm, gason, granmoun ak timoun depann de desizyon nou gen pou n pran ansanm nan jou ak semèn k ap vini yo. »
Qui est Laurent Saint-Cyr ?
Laurent Saint-Cyr est une figure bien connue du monde des affaires en Haïti. Il a été :
Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH),
Directeur général de la compagnie d’assurance AIC (Alternative Insurance Company),
Détenteur d’un diplôme en administration des affaires de l’Université Quisqueya,
Formé en assurance à l’Institut de Formation de la Profession de l’Assurance (IFPASS) en France,
Spécialisé en gestion des risques et sinistres en assurance santé et vie.
Son nom est associé à plusieurs initiatives politiques de transition, notamment l’accord du 21 décembre, soutenu par les principales structures économiques du pays (AMCHAM, ADIH, CCIO, CCIHC), sous le gouvernement d’Ariel Henry.
Un défi pour le secteur privé et la démocratie
Laurent Saint-Cyr arrive à un moment crucial. Sa mission est claire : organiser les élections et remettre Haïti sur les rails de la démocratie. Ce dernier tour de table du CPT pourrait être celui de la dernière chance. Le pays attend des actes, pas des promesses.
Mais au-delà de sa mission institutionnelle, Saint-Cyr représente aussi un secteur privé longtemps critiqué : souvent perçu comme déconnecté des réalités sociales, accusé d’opportunisme, voire de complicité dans l’effondrement de l’État. Oligarques, barons de l’économie, prédateurs ? L’image du secteur des affaires reste floue, voire sulfureuse, aux yeux d’une grande partie de la population.
Aujourd’hui, ce secteur prend la main, par l’entremise de Laurent Saint-Cyr. Un pari risqué, un test grandeur nature pour la crédibilité de ceux qui détiennent aussi une partie du pouvoir économique.
« Le secteur privé devra faire ses preuves, réussir le pari ou se taire à jamais », souligne un observateur politique.
Entre stéréotypes et espoirs : un pont à bâtir
La mission de Laurent Saint-Cyr s’annonce ardue : défis sécuritaires, attentes électorales, fragilité institutionnelle, mais aussi poids des stéréotypes sociaux et culturels. Sa présidence sera-t-elle celle du changement ou du statu quo ?
Aura-t-il le cran de bâtir un pont vers une autre Haïti ou deviendra-t-il, lui aussi, l’homme d’un système qui refuse de mourir ?
La rédaction
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