Port-au-Prince, 7 juillet 2025 — Quatre ans après l’assassinat brutal du président Jovenel Moïse, une messe de requiem a été célébrée ce lundi 7 juillet au Palais national, à l’initiative du Conseil présidentiel de transition (CPT). La cérémonie s’est tenue dans un climat de solennité, de recueillement et de profonde émotion, en présence des plus hautes autorités de l’État et de proches du défunt.
Parmi les personnalités présentes : les neuf membres du CPT, le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), Jean Joseph Lebrun, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, les ministres Paul-Antoine Bien-Aimé (Intérieur) et Raphaël Hosty (Travaux publics), le directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti (PNH), Rameau Normil, le commandant en chef des Forces armées, Derby Guerrier, ainsi que plusieurs membres du gouvernement et des représentants de la société civile.
Dans son homélie vibrante, le révérend-père Jean-Robert Louis, célébrant principal, a brossé un portrait spirituel et patriotique de l’ancien chef de l’État. “Les gens de son acabit, quand ils meurent, vont directement rejoindre le Très-Haut”, a-t-il lancé, dans une formule qui a marqué les esprits. Évoquant la situation nationale actuelle, il a rappelé que “le martyre de Jovenel Moïse ne doit pas être vain”, insistant sur la nécessité de justice, de vérité, et de réconciliation.
Le prêtre a invité les autorités et la population à puiser dans le sacrifice du président assassiné la force morale de bâtir une Haïti nouvelle. “Il aimait son pays, il avait une vision. Il est mort pour cette vision. Honorer sa mémoire, c’est poursuivre l’idéal d’une nation juste, souveraine et en paix.”
Un important dispositif de sécurité avait été mis en place pour assurer le bon déroulement de cette cérémonie organisée au Palais national, sur la place du Champ-de-Mars.
Dans un communiqué publié à l’issue de la messe, la Primature a souligné “une cérémonie tenue dans un climat de dignité”, réaffirmant l’engagement des autorités à faire toute la lumière sur cet assassinat. “Quatre ans après cet acte odieux, la République continue d’honorer la mémoire du Président Jovenel Moïse et de réaffirmer son attachement aux valeurs démocratiques et républicaines”, a-t-elle déclaré.
En parallèle, les audiences à la Cour d’appel de Port-au-Prince autour de l’assassinat de Jovenel Moïse se sont poursuivies. Ce même lundi, Reynald Lubérus, ancien secrétaire général du Conseil des ministres, a été auditionné pendant environ trois heures, en présence de ses avocats.
L’audience s’est tenue également en présence des mercenaires colombiens arrêtés en juillet 2021 et de Joseph Félix Badio, considéré comme l’un des principaux cerveaux présumés du complot. Lubérus n’a fait aucune déclaration à la presse à l’issue de l’audience, laquelle a été mise en continuation. La reprise est prévue pour ce mercredi 9 juillet.
Depuis l’ouverture de l’enquête, tous les accusés – qu’ils soient haïtiens ou étrangers – ont nié toute implication directe dans l’assassinat. Certains ont plaidé non coupable, d’autres exigent une responsabilité partagée ou rejettent la faute sur des niveaux supérieurs de l’État. La quête de vérité se poursuit donc, sur fond de méfiance, d’opacité, et de lenteur judiciaire.


La rédaction
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