La commune de Kenscoff, perchée dans les hauteurs verdoyantes de Port-au-Prince, est plongée dans une atmosphère de peur et de violence, marquée par une série d’attaques armées ciblant ces dernières semaine l’élite économique du pays.
Les attaques menées depuis plus de deux mois à Kenscoff, une commune sur les hauteurs de Port-au-Prince, ont fait au moins 262 morts et 66 blessés, dont au moins 53 % étaient des membres de la population et 47 % des individus associés aux groupes criminels, selon un rapport publié aujourd’hui 7 Avril 2025 par le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).
Dans la nuit du 5 au 6 avril 2025, l’hôtel Le Montcel, symbole du patrimoine touristique local, a été ravagé par les flammes.
Des individus lourdement armés, identifiés par plusieurs sources comme membres de la coalition « Viv Ansanm », ont perpétré cet incendie criminel.
Cet acte survient quelques jours après une autre attaque visant la résidence de l’Homme d’affaires Olivier Barrau, président du conseil d’administration de la Banque de l’Union Haïtienne (BUH) et directeur général de l’Alternative Insurance Company (AIC). Barrau, une figure influente de l’élite économique haïtienne, était proche de l’ex-président Jovenel Moïse et entretenait des liens étroits avec le parlement Haitien. Il est réputé être proche actuellement du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et tirer les ficelles au CPT à travers Laurent Saint-Cyr.
Les attaques ne s’arrêtent pas à Barrau. Plusieurs autres cibles stratégiques ont été touchées ces dernières semaines, notamment la résidence secondaire de la famille Armand, influente dans l’agriculture, et le centre écologique K-Délices, un acteur clé de l’agrotourisme local.
La maison de campagne de l’importateur Jean-Michel Étienne a été incendiée le 2 avril, et les auberges La Colline Verte et Villa Flora, prisées des touristes, ont été vandalisées.
De plus, des barrages routiers ont été érigés à Belot, une zone stratégique reliant Kenscoff au sud-est du pays, rendant toute intervention de la Police Nationale d’Haïti (PNH) particulièrement risquée.
Ce climat de terreur a plongé le secteur privé dans un silence inquiétant. Laurent Saint Cyr, Ex-président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti (CCIH) et ancien membre du Haut Conseil de Transition (HCT), est aujourd’hui membre du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).
Il doit organiser les élections prévues dans quatre mois, quand il sera président du conseil président, comme successeur de Fritz Jean. Pourtant, malgré les attaques qui touchent ses collaborateurs, ST-Cyr est resté lui aussi étrangement silencieux.
La scène troublante de bandits armés mais élégamment vêtus, postés devant la résidence en flamme de Barrau, semble envoyer un message fort.
Est-ce une tentative des gangs de déstabiliser Barrau et ses alliés, mais aussi l’ensemble du secteur privé haïtien ? Ces attaques visent-elles à affaiblir l’élite économique, à forcer son retrait ou à la pousser à négocier sous la menace ?
Les gangs semblent vouloir envoyer un message clair à ceux qui détiennent des leviers de pouvoir économique et politique. Dans un contexte aussi tendu, le silence de figures influentes du secteur privé, notamment Laurent Saint Cyr, soulève des questions cruciales.
S’agit-il d’une simple stratégie de prudence face à l’escalade de la violence, ou ce mutisme traduit-il un affaiblissement plus profond du secteur privé, pris en étau entre les menaces des gangs et la fragilité du gouvernement ?
La rédaction
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