Le mois dernier, la Russie et la Chine ont refusé d’approuver les démarches des États-Unis pour convertir la Mission multinationale en force onusienne. Dans la dernière Résolution 2752 (2024) du Conseil de Sécurité votée à l’unanimité, les pays ont décidé de responsabiliser davantage les Américains et ses alliés de la région dont la République Dominicaine sur le trafic d’armes vers Haïti. L’embargo sur les armes a été renforcé et les pays sont invités à jouer leur rôle. Une sanction assez mal vue par plusieurs analystes politiques, qui avancent que de toutes les façons les armes des bandits sont rentrées en contrebande.
Dans un entretien accordé à France 24, le 16 octobre dernier, la ministre des Affaires étrangères, Dominique Dupuy avait informé que le total des effectifs de la force multinationale n’atteindra pas les 2500 hommes comme promis, mais se limitera à 1 000 hommes réellement. C’est en ce sens, que le gouvernement haitien avait commencé, sous l’instigation des Américains et des alliés, à parler d’aller vers la force onusienne.
Cependant, en septembre dernier, la Russie et la Chine ont rejeté cette proposition formulée par l’Equateur et les Etats-Unis.
Aujourd’hui, officiellement, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Leslie Voltaire, a appelé à la transformation de la Mission multinationale d’appui à la sécurité en une mission de maintien de la paix. Une correspondance a été envoyée au Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, soulignant l’urgence d’une telle décision compte tenu de la situation sécuritaire du pays.
Cependant, on se demande en quoi une mission onusienne serait mieux pour Haïti ? Le bilan des missions des Nations Unies en Haïti n’est pas fameux, au contraire. Les Haïtiens sont encore marqués par le passage des casques bleus (Choléra, violation de droits, abus….). De plus, le peuple haïtien a retenu dans son histoire que :
– Les gangs armés ont été fédérés par l’ex-président feu Jovenel Moïse avec la bénédiction de Helen Lalime cheffe du Binuh. Aujourd’hui, une grande majorité accuse cette dernière d’avoir encouragé feu Jovenel Moïse dans cette voie ;
– La prolifération des gangs armés, la crise humanitaire, la traite des personnes ont chuté pendant que les Nations Unies sont très présentes en Haïti ; sans parler des perfomances décroissantes du système judiciaire (les prisonniers d’au moins 3 grands prisonniers sont toujours en cavale).
– Les Kenyans ne sont pas en Haïti pour traquer les gangs armés mais pour accompagner la PNH, mais les blindés et les matériels de combat sont livrés à la MSS ; Les matériels remis à la Mission n’ont pas intimidé les gangs, au contraire ;
– Les États-Unis ont informé avoir déjà donné 300 millions de dollars d’aide à la sécurité. Le Canada a fait état de 400 millions. Les Nations Unies ont pu obtenir environ 87 millions de dollars des pays membres.
Quelle différence pourra faire une mission onusienne dans ce cauchemar conçu pour les Haïtiens ? La situation a empiré en Haïti depuis la mise en place du gouvernement et le déploiement du contingent Kenya (au moins 430 personnes sur 2500 attendus).
Le dernier rapport du 15 octobre 2024 du Secrétaire général des Nations unies peint un tableau macabre de la situation sécuritaire dans le pays.
« Nous devons absolument maintenant avancer rapidement vers la mise en œuvre de ce qui a été décidé car, soyons clairs, vous pouvez mettre des forces de police en Haïti mais, s’il n’y a pas de solution politique, le problème ne sera pas résolu », a souligné António Guterres en Mars 2024 au CELAC.
La rédaction
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