Alors que les autorités continuent de mettre en avant la tenue des élections à la fin de l’année, la population, elle, semble préoccupée par une urgence bien plus immédiate : la sécurité. À Kenscoff comme à Port-au-Prince, des citoyens ont investi les rues ce mardi pour réclamer des réponses concrètes face à une violence qui continue de faire des victimes et de détruire des activités économiques.

À Kenscoff, les protestataires voulaient dénoncer la situation sécuritaire qui prévaut dans la commune, notamment après le massacre perpétré dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 août. Ils réclamaient justice, réparation et des mesures concrètes pour les victimes et leurs familles.
Tout au long du parcours, ils ont également exigé la démission de l’agent exécutif intérimaire de Kenscoff, Massillon Jean. Pour eux, trop de sang a déjà coulé dans la commune et les autorités ne peuvent continuer à rester spectatrices face à la répétition des actes criminels.
« Kenscoff ne doit pas périr », ont martelé les manifestants, qui demandent aux responsables de l’État d’expliquer comment des groupes armés peuvent attaquer la population avec autant de facilité, puis repartir sans être inquiétés.
Les protestataires rappellent que la commune est confrontée à une situation de violence persistante depuis le 25 janvier 2025. Ils s’interrogent sur le temps que les autorités comptent encore attendre avant d’agir véritablement.
Leurs critiques s’adressent notamment au premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, également président du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), ainsi qu’aux ministres de la Justice et de la securite publique ; de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, et celui de la Défense. Pour les manifestants, les responsables de l’État doivent désormais passer des déclarations aux actes.
Dans la capitale, plusieurs dizaines de petits commerçants qui exerçaient leurs activités au Champ-de-Mars ont organisé une marche pacifique pour réclamer la reprise du contrôle de cette zone par l’État et des garanties de sécurité leur permettant de reprendre leurs activités.
La manifestation était partie du Champ-de-Mars avant de marquer un arrêt devant le ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), puis de se diriger vers la Primature.
Les protestataires réclamaient également dédommagement et réparation pour les pertes subies après avoir été contraints d’abandonner leurs commerces pour échapper aux groupes armés opérant dans le centre-ville.
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