À quelques heures d’une date politiquement sensible, le ministre de la Défense, Jean-Michel Moïse, a procédé à la signature des avis de nomination de 341 nouveaux soldats, présentée comme un renforcement des Forces armées d’Haïti.
Mais le timing interroge.
Pourquoi attendre la veille du 7 février pour agir, après des mois d’inaction, alors que l’insécurité ravage le pays et que l’État semble absent de larges territoires ?
Cette annonce survient surtout dans un contexte explosif. Trois jours plus tôt, le 3 février 2026, le directeur général du ministère, Jean Ronel Sistanis, a publiquement mis en cause le ministre dans une affaire présumée de corruption et de détournement de fonds, évoquant des dizaines de millions de gourdes engagés sans résultats visibles.
Parmi les montants cités :
80 millions de gourdes pour le QG des FAd’H au Champ-de-Mars, 50 millions pour la base du Bicentenaire, 160 millions pour une ferme agricole à Belladère.
Face à ces accusations, aucune clarification convaincante n’a encore été fournie.
Dans ce contexte, la vague de nominations ressemble davantage à une opération de communication qu’à une véritable réforme sécuritaire. Une tentative de détourner l’attention, au moment même où la gestion du ministère est remise en question.
Pendant que les signatures s’enchaînent, les gangs contrôlent toujours des quartiers entiers, et les Forces armées restent largement invisibles sur le terrain.
« Les Forces armées d’Haïti sont éternelles », affirme le ministre.
Mais sans transparence, sans résultats concrets et sans responsabilité, les slogans peinent à masquer une réalité faite d’improvisation, de soupçons et de déconnexion avec les urgences du pays.
La rédaction
📲 Rejoignez Le Quotidien 509
Recevez nos dernières nouvelles directement sur votre téléphone via notre chaîne WhatsApp officielle.
🚀 Rejoindre la chaîne WhatsApp


