Santo Domingo – À l’occasion du 223e anniversaire du drapeau haïtien, la communauté haïtienne de Santo Domingo s’est réunie ce dimanche 17 mai à l’hôtel Barceló Santo Domingo à l’initiative de l’organisation HARD (Haïtiens Avant-Gardistes pour la Reconstruction d’Haïti), dirigée par Evens Virgile, qui organisait sa traditionnelle célébration patriotique pour la treizième année consécutive.
Diplomates, étudiants, figures politiques, acteurs culturels et membres de la diaspora ont répondu présents à cette soirée d’hommage au bicolore haïtien, dans une atmosphère chargée d’émotions, où la mémoire collective, la fierté nationale et les expressions culturelles se sont entremêlées jusque tard dans la soirée.
Officiée par Patrice Salomon et assisté de Fabiola Luis, la cérémonie s’est ouverte sur l’exécution de l’hymne national de la République dominicaine, avant que « La Dessalinienne » ne fasse vibrer toute la salle sous l’interprétation magistrale de James Germain. Une performance intense, portée par la nostalgie, la résistance et l’amour de la patrie, qui a arraché de longs applaudissements à l’assistance.
Dans une salle élégamment aménagée, entre tables dressées, lumières tamisées et espaces VIP installés au-devant de la scène, l’ambiance oscillait entre solennité diplomatique et grande célébration populaire. L’événement a accueilli plusieurs représentants des autorités dominicaines ainsi que des membres de l’ambassade du Qatar à Santo Domingo, notamment Son Excellence Ali Hamad Al Sheebani et Ahmed Saleh, chargés des dossiers liés à Haïti et à la République dominicaine.
Sur le plan artistique, James Germain a d’abord livré une prestation solo bouleversante avant de rejoindre Carlito pour une séquence musicale partagée qui a électrisé la salle. Carlito a ensuite interprété « Yon ti chante pou Ayiti », transformant l’instant en véritable communion patriotique.
À distance, l’ancien sénateur Clarens Renois ainsi que le journaliste et analyste politique Patrice Dumont se sont adressés au public par voie virtuelle, revenant sur la portée historique du drapeau haïtien et sur l’urgence de préserver les valeurs fondatrices de la nation.
Parmi les interventions marquantes de la soirée, Jacques Alix Louis a plaidé pour une union patriotique autour des intérêts supérieurs d’Haïti, tandis que le représentant de Vimenca en République dominicaine a également pris la parole au cours de la cérémonie.
Magali Racine a rappelé l’importance de préserver l’héritage culturel haïtien, l’éthique et le savoir-vivre qui façonnent l’identité nationale, appelant la diaspora à transmettre ces valeurs aux nouvelles générations.
Un ancien consul dominicain a, pour sa part, évoqué avec émotion ses voyages à travers plusieurs régions d’Haïti, notamment dans le Sud du pays, lançant un appel au rapprochement humain et fraternel entre Haïtiens et Dominicains.
L’artiste Sarodj Bertin a insisté sur « le sang versé par les ancêtres pour la liberté et la dignité du peuple haïtien », exhortant la jeunesse à protéger l’héritage historique et culturel du pays face aux défis actuels.
À noter également l’absence de Fritz Longchamps à cette célébration patriotique. Selon les organisateurs, une invitation lui avait été adressée dans le cadre de cette 13e édition organisée par HARD.
La soirée a par ailleurs enregistré la présence de Moïse Garçon représentant de l’organisation Vizaj Diaspora. Il a livré un texte centré sur le réveil de la jeunesse haïtienne, appelant les nouvelles générations à s’impliquer davantage dans la préservation des valeurs historiques, culturelles et citoyennes du pays.
Défilés, prises de parole et prestations culturelles sont venus ponctuer cette 13e édition de la célébration du drapeau haïtien en République dominicaine. Mais au-delà du protocole, c’est surtout l’âme d’Haïti qui s’est invitée dans la salle. Entre chants patriotiques, éclats de mémoire et rythmes entraînants, la formation Bèl Djazz a littéralement fait trembler l’assistance au son du compas d’antan, réveillant les souvenirs, les émotions et les mélodies intemporelles de la musique haïtienne.
Le temps d’une soirée, Santo Domingo a vibré au rythme d’une Haïti fière, debout et profondément attachée à son bicolore.
Soraya Ades
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