À l’occasion de la fête de l’Agriculture et du Travail, célébrée le 1er mai, le gouvernement haïtien a organisé ce vendredi une cérémonie officielle au Palais national autour du thème : « La production nationale, pilier de la lutte pour la sécurité ».

Plusieurs personnalités ont pris part à l’événement, notamment des représentants de la Cour de cassation, du corps diplomatique, des membres du cabinet ministériel et du Conseil électoral provisoire (KEP), ainsi que les chefs de la Police et des Forces armées d’Haïti.
Dans son intervention, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a réaffirmé son engagement à rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire national. Il a assuré que des efforts sont en cours pour permettre à l’État de reprendre le contrôle des zones perdues et créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections.
Se montrant confiant, le locataire de la Primature a salué les efforts ayant permis, dit-il, de récupérer certains territoires. Il affirme que « la sécurité tant espérée par la population n’est plus très loin », tout en exhortant les citoyens à rejeter la violence et les actes de vandalisme. Alix Didier Fils-Aimé a lancé un appel à l’unité nationale comme condition essentielle au progrès.
Le Premier ministre a souligné la portée symbolique de cette journée, dédiée aux travailleurs et aux agriculteurs, qu’il considère comme les piliers de la société.
« Ce n’est pas une date creuse, mais une mémoire vivante des luttes pour la dignité, la justice et le respect des droits des travailleurs », a-t-il insisté, rendant hommage aux femmes et aux hommes qui contribuent chaque jour au développement du pays malgré les difficultés.
Sur le plan social, le ministre des Affaires sociales et du Travail, Marc-Élie Nelson, a annoncé que le gouvernement a engagé des réflexions en vue d’un éventuel ajustement du salaire minimum.
Il a également révélé la mise à disposition d’une enveloppe de plus de 7 milliards de gourdes destinée à soutenir les populations les plus vulnérables à travers des subventions directes.

Dans ce cadre, les travailleurs du secteur textile bénéficieront d’un appui mensuel de 5 000 gourdes pendant cinq mois. Plus de 10 000 personnes ont déjà reçu une assistance directe de l’État, a précisé le ministre, qui a aussi annoncé l’ouverture d’un nouveau bureau de la Caisse d’assistance sociale (CAS) à Saint-Michel de l’Attalaye.
De son côté, le ministre de l’Agriculture, Marcelin Aubourg, a présenté plusieurs initiatives visant à renforcer la production agricole, notamment la réhabilitation des systèmes d’irrigation et la protection des infrastructures agricoles.
Pour la campagne de printemps 2026, le gouvernement a mobilisé 8 millions de dollars américains pour distribuer des semences améliorées, des intrants agricoles et soutenir l’élevage à travers plus de 2 000 unités de production animale, dit-il.
La cérémonie a également été marquée par la remise de distinctions à plusieurs ouvriers et agriculteurs pour leur contribution au développement national.
Mais au-delà des mots et des promesses, les citoyens réclament des actions concrètes. C’est ainsi que, parallèlement, des organisations politiques et sociales, dont le Front commun pour la Cour de cassation, ont organisé une manifestation pour marquer la fête de l’agriculture et du travail.
Les protestataires réclamaient notamment la réouverture de l’aéroport international Toussaint Louverture, l’augmentation du salaire minimum et la mise en place d’un pouvoir de transition dirigé par un juge de la Cour de cassation. Le mouvement a été dispersé par la Police nationale avant d’atteindre son point de rassemblement final.
Des militants dont Marie-Rose Pierre et Bertrand Dominique Miché, critiquent la gouvernance actuelle, appelant à une nouvelle transition institutionnelle inspirée des précédents historiques dirigés par des juges de la Cour de cassation.
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