Haïti commémore ce vendredi le 235e anniversaire de la cérémonie du « Bois Caïman », organisée en août 1791 dans la région de Morne-Rouge, sous la direction de Boukman Dutty et de la mambo Cécile Fatiman. Cet événement historique est considéré comme l’un des grands symboles de la mémoire collective haïtienne et est associé au soulèvement des esclaves qui allait conduire à la lutte pour la liberté et, finalement, à l’indépendance d’Haïti.

Mais, 235 ans après Bois Caïman, les célébrations de cette année ont également mis en évidence les profondes divisions qui persistent au sein du secteur vodou, notamment autour de la question du leadership et du titre d’Ati national.
Plusieurs vodouisants et sympathisants qui se réclament du courant favorable à l’Ati Augustin Saint-Clous ont organisé ce vendredi une marche pour marquer le 235e anniversaire de la cérémonie de Bois Caïman.
La manifestation, partie de la place Boyer, est passée devant l’Hôtel Royal Oasis avant de se diriger vers la place Saint-Pierre, où les participants devaient ensuite revenir terminer le parcours à la place Boyer.
Des membres et sympathisants de plusieurs associations du secteur vodou, notamment le Royaume Vodou, le KNVA et d’autres organisations, ont pris part à cette mobilisation.
Les participants affirment soutenir Augustin Saint-Clous comme Ati national. Ils le présentent également sous le titre de Wa-Ati, qu’ils considèrent comme une figure appelée à jouer un rôle central dans la représentation du vodou sur la scène nationale.
Prenant la parole au cours de la manifestation, la mambo « Lamèsi » a dénoncé ce qu’elle considère comme le manque de reconnaissance accordée au vodou par les dirigeants haïtiens.
Pour les partisans d’Augustin Saint-Clous, la reconnaissance du vodou dépasse donc la seule question religieuse. Elle concerne également la place de la culture, des traditions et de l’héritage spirituel haïtien dans la construction de la nation.
Cette mobilisation n’a toutefois pas permis de masquer les divergences qui traversent le secteur vodou.
La mambo Florence Deltor Jean Joseph, qui revendique elle aussi le titre d’Ati national, affirme que sa légitimité repose sur une élection qui, selon ses déclarations, s’est tenue le 7 mars 2026, en présence des représentants du ministère des affaires étrangères et des cultes.
Elle rappelle que les ancêtres avaient compris la nécessité de s’unir pour combattre le système esclavagiste. Selon elle, les haïtiens continuent de vivre une forme d’esclavage, même si celui-ci se manifeste aujourd’hui sous une autre forme.
Florence Deltor Jean Joseph considère le 14 août avant tout comme une journée de réflexion et de méditation, mais également comme une occasion de réfléchir aux moyens de faire avancer le pays.
Elle appelle ainsi à davantage d’unité entre les fils et filles d’Haïti, malgré les divergences qui peuvent exister au sein du secteur vodou et de la société haïtienne.
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